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Les Chroniques de Tonton Jules – #150 : « L’ennui naquit un jour de la monotonie… »

Heureusement qu’il y a l’ami Montanet pour nous aider à fuir la morosité et ce désespérant nivellement par le bas qui nous pend tous au nez comme « l’aulne de boudin » d’Andersen. On ne voit plus trop la différence entre son chez soi et le camping nouvelle mouture. Trump, incroyable ! grimpe dans les sondages ; Wagner aussi et le « rase-tout-ce-qui-dépasse » nous est offert gratos par notre staliniste présidente de Région. Help ! May-day-may-day ! Jésus-Marie-Joseph ! Au secours ! A l’aide ! Trape à mwin siouplé !

Ecrit par Jules Bénard – le mercredi 16 août 2023 à 16H58

Claude Montanet  et une succulente Radio péi

Une fois par semaine, une seule, hélas !, Claude Montanet nous entraîne dans quelque coin de l’île nous faire découvrir  ses merveilles, ses curiosités, ses édiles, ses habitants méritants ou originaux. Ce genre d’émission nous fait fichtrement défaut car plus le temps passe, plus l’on s’aperçoit que les Réunionnais ne connaissent plus La Réunion autrement que par quelque fait divers. Comment notre île a-t-elle appris qu’il restait une charmante boutique lontan à Sainte-Rose ? Lorsque les journaux ont narré la lâche agression d’un vieux compère Chinois. Claude, lui, nous force à nous lancer sur toutes les traces que nous avions laissées de côté. J’ai beaucoup aimé, entre autres, son incursion dans cette merveilleuse commune de L’Entre-Deux. Édiles, artisans, animateurs de structures volontaristes (le tourisme par exemple) et propriétaires de ces petites merveilles que sont les maisons d’antan nous ont fait rêver durant quelques trop courtes vingt minutes. Un four-à-pain artisanal et corporatif ? Tiens donc ! Ça existe encore ? Té, tantine, trape mon kilo la farine, mi sa koz èk band’na !

Un bémol : Oté, Claude, ‘totion out’ bande chanteurs. Corneille Domitile, ancien défenseur de l’ordre irréprochable, est un homme chaleureux, le coeur sur la main, à l’esprit ouvert.  Mais nul ne peut avoir toutes les qualités et l’ami Corneille est sans aucun doute celui qui a enregistré la plus mauvaise version de « La colombe », bourrée de contretemps, de fautes de français et de non-sens. La version choisie par Freedom grand-matin, trois fois hélas !

Camping, frigos, congelos etc.

Le camping de maintenant n’a plus rien à voir avec le camping. Le camping, aujourd’hui, c’est le « comme-à-la-maison », plusieurs reportages télé l’ont récemment prouvé : grandes tentes sinon mobil homes, lits tout confort, frigo, congélateur, cuisinière, lave-vaisselle, chaînes hi-fi, télé grand écran, machin électrique à essence des fois que courant i saute… on ne s’autorise aucun oubli. Mais, bon D… de N… de D… de B… de M…, akoz allé campé si c’est po rès’ comm’ la kaz ?

Le camping d’avant, autrement chaleureux et insouciant pour des potes pressés d’aller du côté du Père Lafrite (« une p’tite bibine ?… langue de v’lours, qu’on m’appelait… »), il suffisait d’une tente canadienne vite installée, d’un réchaud Butagaz, de deux casseroles : une pour réchauffer la boîte de cassoulet, l’autre pour le café et roulez jeunesse. On passait plus de temps à gratter la six-cordes autour d’un feu de bois sur la plage qu’à faire la vaisselle. A draguer comme des bêtes aux surboums du Camp des Finances qu’à calculer le menu du jour… même si le soir, té qui dort cabo bandé !

La vaisselle était une cuillère en alu pour touiller le cassoulet ou le café. La musique, un Teppaz et nos guitares. Et, une fois la semaine, les Chats Noirs et Hervé Marodon chantant « Le bon Dieu s’énervait… ».

Bref, un vrai dépaysement ou l’on oubliait la maison, justement.

C’est plus que de la nostalgie, ce que je dis là ; c’est juste le souvenir d’un temps heureux.

 Le 1er bonhomme de neige et Gélabert

Les JT ont raison : le 1er bonhomme de neige a bien été filmé par mon ami Serge. Mais les radios et télévisions, qui n’ont aucune mémoire de notre histoire, ne savent pas que les premières images de neige au Piton ont été photographiées bien avant. Par votre serviteur. Entre deux coups de vent balayant les nuages, je saisis un Piton des Neiges avec de grosses plaques blanches alors que j’étais à Cilaos pour tout autre chose. Et c’est alors que ma vieille Mamie Francia m’a appris que d’autres chutes avaient eu lieu bien avant, à Marla, dans les années vingt ou trente, « je ne sais plus très bien », comme le chante Vilard.

« Les gens de Marla n’ont dit : té comme l’écume savon, i tombait sans faire d’tapage ».

Uniformes à l’école

Le débat est lancé. Une fois de plus. Faut-il que tous les élèves, collégiens, lycéens, soient habillés de même ?

Personnellement, je suis pour. A condition que l’on accorde aux familles démunies les moyens de vêtir leurs enfants comme les autres.

Alors, terminées les différences sociales, ce qui correspondra bien à l’un des objectifs majeurs de notre éducation nationales : ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.

Et finis aussi, par la même occasion, les rackets y afférents.

Mais quid du farouche individualisme réunionnais ? Cet individualisme qui pousse nombre de nos compatriotes à refuser d’acheter une voiture d’occasion quand il y en a des milliers d’excellentes sur le marché ?

Trump qui grimpe, Wagner aussi :  l’extinction de masse de la pensée

On craint, à juste titre, une sixième extinction de masse de tout ce qui vit. Par notre faute à tous, cela va de soi. Mais il en est une autre, bien plus sournoise, qui risque bien d’arriver avant l’autre : l’extinction de l’esprit.

Aux Etats-Unis, la cote de Trump ne cesse de grimper en dépit de tous les péchés légaux qui lui collent au cul. Il a si bien su phagocyter les esprits de ses concitoyens qu’il passe aujourd’hui pour un martyr. Cherchez l’erreur.

Pareil en Afrique où des pancartes affichent : « Wagner sauvez-nous ! »

Sans penser qu’ils appellent ainsi de tous les voeux  une Russie héritière de l’empire soviétique qui, bien avant la France, bien avant l’Angleterre, bien avant l’Allemagne, bien avant les USA, a été le plus grand pays colonisateur de la planète.

Ainsi, applaudissant des deux mains et des deux pieds, l’humanité accepte, approuve, appelle de tous ses voeux un nivellement par le bas.

Qu’est-ce qui, pourtant, est la marque de l’Humain, sinon sa pensée, son âme, sa philosophie, sa faculté à tendre la main ?

Le « Livre numérique » des stalinistes régionaux ?

Le livre numérique fourni par la Région aux élèves, collégiens, lycéens, gratuitement, est un exemple de plus, s’il en fallait, du nivellement par le bas cher aux dictateurs de droite ou de gauche : on coupe tout ce qui dépasse, la dialectique bien comprise fera la différence. Et tant pis pour ces excellents bouquins qui ont expédié l’homme dans la Lune et permis à Barnard de réaliser la greffe du coeur !

Ça coûtera moins cher aux familles, argument de masse évident. J’entends bien mais…

Je suis contre, vous l’aurez compris : la lecture sur écran ne donne qu’une bouillie prédigérée de connaissances. On avale sans chercher à comprendre, ce qui est la porte ouverte à tous les endoctrinements. Quand la lecture sur papier force l’esprit à se décarcasser pour s’adapter à ce qu’il lit et à exercer son esprit critique, cet esprit critique cher à Voltaire, qui prouve que l’Homme n’est pas un légume !

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