Les Chroniques de Tonton Jules - #149

Nouvelle-Calédonie : un référendum, ça ?
Légalement, mais rien que légalement, le Macro(n) de l’Elysée a raison de s’appuyer sur un résultat imparable : près de 100% des Néo-Calédoniens se sont prononcés contre l’autonomie. C’est la loi républicaine.
Oui ! Sauf que les seuls Caldoches (Calédoniens de souche blanche) sont allés aux urnes. La population canaque, elle, a boycotté le vote à 100%. Et on est chez eux, merde !
Alors, ce vote, même s’il arrange bien les affaires du gouvernement (le nickel rapporte gros, très gros), n’est pas du tout le reflet de la réalité.
Je ne suis pas, mais alors là pas du tout, un indépendantiste réunionnais, mon île étant vierge de tout habitant lors de sa prise de possession par la France.
Mais je suis totalement contre l’esprit colonial : qu’allions-nous faire au Maroc, à Madagascar, en Indochine ? Qu’allaient faire les British en Afrique du Sud, en Inde, aux Bahamas ?
Etions-nous meilleurs qu’eux ? Je demande à voir.
Le coup d’État du Niger
La population du Niger défile, à l’appui des putschistes, drapeau de la Russie en tête.
Cette même population oublie (ou ne sait pas) que cette Russie, qu’elle appelle de tous ses voeux, est… la plus colonialiste de la Terre.
A côté, la colonisation européenne, c’est de la rigolade quand on sait quelle nuit noire s’est abattue sur l’Europe de l’Est 75 ans durant.
Parcours sup : le chantier de l’exclusion !
« Parcours sup » : personne n’y comprend rien. J’ai essayé et, bien que je ne sois pas plus con qu’un autre, j’y entrave que dalle.
C’était simple… avant. On passait son bac et on choisissait sa filière estudiantine, droit, sciences naturelles, maths, chimie, que sais-je.
Aujourd’hui, nos jeunes, sans doute trop cons pour savoir ce qu’ils veulent, sont canalisés vers des filières qui ne les intéressent aucunement. L’ordinateur décide pour eux.
Des foultitudes de jeunes, désemparés, se retrouvent boutés hors des Facs pour avoir osé choisir l’espagnol au lieu du russe !
Quel esprit malade a pu concevoir un tel système ?
A propos de « Tonton » Yves Mayer
J’ai rendu un hommage appuyé à « Tonton » sur ces mêmes pages. Mais j’ai oublié…
Je dois beaucoup à « Tonton ».
Quelques mois avant la sortie du Quotidien, en 1976, je remportai le Prix de roman policier de l’ADER pour « Neige sur La Réunion ». Mon petit frère Alain m’apprit la parution prochaine du Quotidien en me suggérant de leur proposer mon bouquin. Didier Vangell, futur rédacteur en chef de l’Emmerdeur public n° 1, accepta sans broncher et je fus ainsi leur feuilletonneur dès les premiers numéros.
Mon bouquin feuilletonné, mon pote Vax me traîna chez « Tonton », directeur de la NID (Nouvelle imprimerie dionysienne), lequel me proposa de le publier sans apport financier de ma part. Cela ne se refuse pas !
C’est ainsi que « Tonton », déjà vieil ami de musique, devint mon premier éditeur.
Voilà ! Je tenais à lui rendre ce dernier hommage. Il a cru en moi et ça, ça fait chaud, très chaud au coeur.
Côte ouest de La Réunion : l’horreur !
Mais qu’ont-ils fait de mon île ?
L’autre dimanche, fin de journée, je rentrais d’une visite à ma fille Leïla et mes adorables cinq petits enfants, les Dalton. Et à mon Junior. Devinez au passage pourquoi on les surnomme les Dalton…
Vers les 17 heures, j’envahissais le Car Jaune disponible pour rentrer à St.Denis. Une bonne initiative, ces Cars Jaunes : ils partent à l’heure, on y est en sécurité, ils arrivent grosso modo à l’heure et sont confortables, servis par des chauffeurs soucieux de leurs passagers.
Pour ce coup-ci, le mien, à partir d’Etang-Salé-les-Bains, emprunta la « Route des plages ». Rien à redire. Mais, à partir de St.Leu, ce fut l’horreur, une vraie horreur.
St.Leu i arsembe pu in moune. Des rues allant dans tous les sens, des ronds-points distants de 50 mètres, des cases à la mort-moi-l’noeud, une urbanisation délirante… La bonne dame de la Salette ne doit plus y reconnaître ses chatons.
Un peu de verdure à la Pointe-des-Châteaux et l’horreur s’amplifie dès la Souris-Chaude. Béton et imitations bois, plus un centimètre-carré de libre, ça va comme ça de l’Ermitage, en passant par la Saline et le centre-ville jusque sur la route du Théâtre de Plein Air. Béton, béton, béton, béton partout. Je ne reconnaissais plus rien de rien !
Je me frottais les yeux : c’était impossible, je rêvais là !
Ben non, je ne rêvais pas : mon île, si belle autrefois, si attachante, si extraordinaire, était devenue ce cauchemar bourré de fric à la seule intention des promoteurs immobiliers. Et des municipalités délivrant les permis de construire.
Circuler là-dedans, pour les chauffeurs de bus, relève des Travaux d’Hercule : ça va dans tous les sens en fonction des architectes urbanistes arrosés grand cru par les promoteurs !
Je sais bien qu’il faut des logements pour les plus démunis mais là, ça n’a rien à voir : ce sont des immeubles de rapport n’engraissant que les poches déjà bourrées à craquer. Et le dévoué Eric Fontaine sera d’accord : cela ne sert pas les plus mal logés.
Je ne reconnais plus mon île. « Ils » me l’ont détruite. « Ils » l’ont saccagée because pognon. Un paysage de rêve est devenu un site de cauchemar. Je salue Bachil Vally, maire de L’Entre-Deux, d’avoir su préserver le charme de chez lui. Je reconnais que Michel Fontaine a su développer St.Pierre sans la dénaturer. Je remercie Érika d’avoir su créer une commune verte.
Mais comment a-t-on pu, dans l’Ouest, créer ces zones épouvantables sous prétexte que « l’argent i commande » ?
Face au port de St.Leu, par exemple, on s’apprête à bâtir une immonde structure d’une laideur épouvantable sous le seul prétexte que le permis de construire a été accordé (par la mairie, tiens !) et que des subventions sont attendues. On va, pour ça, abattre des arbres centenaires et défigurer le front-de-mer. Un spot de surf connu du monde entier.
Eh ! les élus de St.Leu, ça ne vous fait pas trop mal, j’espère, de vendre votre cul contre une poignée de dollars ?
Le casque et le portable : la jeunesse de plus en plus seule.
Ne conduisant plus depuis une quinzaine d’années, je suis devenu imbattable en horaires de bus, des bus que j’emprunte quotidiennement.
J’y croise régulièrement des jeunes, casques aux oreilles et « tic-tiquant » sur leurs téléphones portables, totalement coupés du monde les entourant. Je me dis avec tristesse que ces jeunes sont désespérément seuls, ne parlant plus avec personne sinon avec des correspondants virtuels qui ne remplaceront jamais la chaleur de la main d’un ami.
On devrait pendre par les pouces, sinon par les roubles ignobles, les inventeurs du téléphone portable, des réseaux sociaux et du factice.
Quand je pense à la joie des peignées qu’on se flanquait avec les potes…


