[L'édito de Pierrot Dupuy] Quelle déception, ce pape !

Force est de reconnaître que l’élection du pape François avait suscité de grands espoirs chez la plupart des catholiques. Et les premiers mois de son mandat étaient venus confirmer cette première impression.
Il a amené une image plus jeune, plus moderne et semblait déterminé à vouloir changer les choses. Et patatras ! Il savait pourtant qu’on l’attendait au tournant sur la question de l’homosexualité et surtout sur celle de la pédophilie. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est pris les pieds dans le tapis.
Oh, les choses auraient pu rester secrètes, comme d’habitude. Et en bon communicant, le pape François aurait pu continuer à donner le change, à faire croire qu’il était sincère dans ses condamnations des prêtres pédophiles. Et voilà qu’on découvre qu’il n’en est rien.
Il y a d’abord cette charge au vitriol de l’archevêque émérite Carlo Maria Vigano, qui fut ambassadeur du Vatican à Washington. Il accuse ni plus ni moins le pape François d’avoir été informé des agissements pédophiles du cardinal américain, Theodore McCarrick, dès l’an 2000. Et malgré cela, d’avoir levé des sanctions prises à son encontre par le pape Benoit XVI. Pire encore, François l’avait nommé archevêque de Washington en novembre de cette année-là, puis cardinal, et en avait même fait son conseiller pour la nomination des cardinaux !
Ce n’est que ce mois-ci, en août, qu’il lui aurait demandé de rendre son titre de cardinal, après de nouvelles révélations de la presse.
Et l’archevêque émérite de demander rien moins que la démission du pape François, histoire de montrer « le bon exemple » et de permettre à l’Eglise de sortir de « la conspiration du silence ».
Une initiative probablement approuvée par l’association La Parole libérée qui regroupe en France les victimes de prêtres pédophiles et pour qui, les condamnations du pape, « ce sont des grands mots, des grandes phrases. Il n'y a pas d'action derrière. Ils nous font tous croire qu'ils ne sont pas au courant. On a envoyé des dizaines de lettres au pape, parfois même en mains propres. Jamais eu aucune réponse. C'est du foutage de gueule ». Et il en veut pour preuve que le pape a demandé au cardinal Barbarin, pourtant accusé d’avoir couvert des actes pédophiles, de l’accompagner en visite officielle en Irlande.
Mais revenons aux accusations de l’archevêque émérite Carlo Maria Vigano. Dans son courrier, il révèle aussi, en donnant les noms, « des réseaux homosexuels » dans l’entourage du pape François, qui, dans l’ombre, tireraient les ficelles dans la haute hiérarchie catholique. Il y aurait selon lui, autour du pape, un « courant homosexuel désireux de subvertir la doctrine catholique sur l’homosexualité ».
Faut-il voir là une des raisons du dernier dérapage du pape François ? Interrogé dans l’avion au retour d’Irlande, il n’a pas hésité à conseiller le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent des penchants homosexuels dès l’enfance chez leur progéniture. Et pourquoi pas la camisole de force et les chocs électriques, tant qu’on y est ?
Voilà ce que c’est que de laisser des responsabilités à des hommes de 81 ans, complètement déconnectés de la réalité, à l’abri derrière les murs de leurs palais dorés.
Au fait, qu’en pense Mgr Aubry, qui avait lui aussi été accusé d’avoir couvert les agissements pédophiles de plusieurs de ses curés en les envoyant loin de nos rivages, avant que la justice ne s’en mêle ?


