Le préfet de Mayotte appelle au calme et condamne les exactions

La liberté de manifester est reconnue à tout citoyen qui l'exerce dans le respect des lois et règlements en vigueur. L'exercice de ce droit suppose que des libertés essentielles à la vie en société, comme la libre circulation ou la liberté de travailler, soient en même temps préservées pour les autres citoyens.
Alors que des négociations ont été engagées entre les responsables politiques mahorais et les représentants des collectifs d'usagers sur différents points de revendication, des manifestants, sans attendre la fin des discussions, ont bloqué, en toute illégalité, le boulevard des Crabes sur Petite Terre et paralysé ainsi toute activité sur l'île.
Comme je l'avais annoncé, les forces de l'ordre ont reçu la consigne de rétablir la liberté de circulation dès ce matin. Le principe d'une manifestation pacifique a été accepté après négociations avec les représentants des manifestants. Or, cet engagement n'a pas été tenu et les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectiles et fait face à des personnes, encagoulées et munies de pierres, dont l'intention était manifestement d'exercer des actions violentes et d'en découdre pour des raisons très éloignées des motifs de la manifestation.
Les rues des communes de Petite Terre sont depuis lors livrées à des bandes mobiles de délinquants qui harcèlent les forces de l'ordre, la caserne de gendarmerie de Pamandzi, le centre de rétention administrative ou même la caserne des pompiers de Pamandzi en érigeant des barrages sur l'ensemble des voies de circulation.
Des passants ont été extraits de leurs véhicules et violentés au seul motif qu'ils étaient d'origine européenne, et des maisons ont fait l'objet de jets de pierres pour le même motif. Plusieurs fonctionnaires de gendarmerie et de police ont été blessés, notamment des femmes.
Ces exactions, sont regardées avec consternation depuis la métropole. Elles ternissent l'image de Mayotte qui s'est engagée avec tant d'enthousiasme dans le processus de départementalisation. Le préfet de Mayotte appelle donc la population au calme et à la raison et invite ceux qui se trouvent encore dans les rues à l'arrêt de violences inutiles et inqualifiables.
Seule la négociation pacifique permettra aux mahorais de faire entendre leurs revendications et leurs inquiétudes.


