Revenir à la rubrique : Faits divers

Le portrait de Joé Bréda, "un homme simple, discret", qui a eu la malchance de croiser la route d’Abraham Bomela

Ecrit par S.G. – le jeudi 19 février 2026 à 06H29
Drame à La Possession : Marche blanche (Image : Pierre Marchal / Anakao Press)

Au troisième jour du procès du périple meurtrier d’Abraham Boméla, les jurés se sont penchés sur les faits survenus à l’agence du Crédit Agricole de La Possession le 28 octobre 2023, au cours desquels Joé Breda, 54 ans, a été tué à coups de couteau.

Il ne devait même pas travailler ce jour-là, mais avait accepté de remplacer au pied levé un collègue empêché. Joé Bréda, 54 ans, est la troisième victime décédée sous les coups de couteau d’Abraham Boméla le 28 octobre 2023 à La Possession.

Au troisième jour du procès de ce périple meurtrier, la cour d’assises s’est penchée mercredi 18 février sur la personnalité de cet homme totalement étranger au cercle de l’accusé mais qui se trouvait, comme les autres, "au mauvais endroit au mauvais moment".

Lire aussi : Retour sur l’itinéraire sanglant d’Abraham Bomela à La Possession

"Il aimait les gens"

Après que la présidente a projeté les images saisissantes captées par la vidéosurveillance de l’agence du Crédit Agricole où il a été tué de 13 coups de couteau, sa sœur Pascaline et une enquêtrice de personnalité ont dressé le portrait de cet agent d’entretien de 54 ans, petit gabarit, "simple, discret, réservé", heureux alors qu’il venait de signer un CDI six mois plus tôt après des années d’intérim.

Joé Bréda était en couple depuis 23 ans et n’avait jamais eu d’enfant. Sa compagne, encore trop émue pour témoigner, ne prendra pas la parole face aux jurés. "Il aimait travailler, discuter. Il aimait les gens et était proche de ses neveux et nièces", décrit alors sa sœur, qui ne comprend pas "pourquoi on a pris la vie de ce simple malheureux, qui ne faisait que travailler."

Ses suppliques ignorées

Une part de "malchance" évoque son avocat Me Jean-Jacques Morel, rappelant que Joé Bréda n’aurait même pas dû se trouver là ce samedi matin. Sur les images, on peut le voir se replier précipitamment dans l’agence bancaire, Abraham Boméla sur ses talons.

On saura par l’accusé lui-même que Joé Bréda l’a supplié de ne pas le tuer. Quelques secondes plus tard, on voit pourtant Boméla trainer son corps dans l’agence et le placer en travers du couloir pour empêcher la progression des gendarmes.

Lorsque ces derniers arrivent à pénétrer dans le local, il est déjà trop tard pour le quinquagénaire, touché au cou et au thorax. "C'était lui ou moi" dira Bomela à son sujet au cours d'un nouvel interrogatoire, alors que Joé Bréda était pourtant loin de représenter une menace pour lui.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :