"J’ai voulu tuer tout le monde mais je n’ai pas réussi" : à nouveau interrogé par la cour, Abraham Bomela confirme ses intentions meurtrières

Interrogé par la cour d’assises sur les faits ayant suivi les meurtres de sa mère et de sa cousine, Abraham Bomela explique avoir voulu "se faire justice" en tuant un maximum de personnes au cours de son périple criminel du 28 octobre 2023 à La Possession.
De nouveau interrogé mercredi 18 février par la cour d’assises, au troisième jour de son procès, Abraham Bomela, 41 ans, a encore reconnu avec une facilité déconcertante les crimes qui lui sont reprochés.
Une deuxième série de faits, après les meurtres de sa petite cousine et de sa mère, dirigée cette fois contre de parfaits inconnus croisés sur sa route ce 28 octobre 2023 à La Possession. "Je me suis dirigé vers le supermarché en sachant qu’il y aurait du monde. Je n’avais pas de limites dans ma tête", relate-t-il.
"Faire d'autres victimes"
Après avoir renversé un joggeur et un scootériste chemin Bœuf Mort, il fauche deux autres hommes sur le parking du Leclerc, faisant marche arrière pour rouler à nouveau sur celui qui est resté à terre. "J’ai visé l’estomac pour le tuer", avoue-t-il sans ambages.
Puis, après avoir percuté un motard et abandonné sa Twingo, il se dirige à pieds, couteau à la main, vers l’agence du Crédit Agricole. "Pour vous abriter ?", demande la présidente. "Non, pour faire d’autres victimes", répond calmement l’accusé.
Il se rue alors sur le malheureux Joé Bréda, l’agent d’entretien de 54 ans qui tente de refermer la porte vitrée derrière lui avec son badge. Mais Bomela parvient à rentrer à sa suite. "Ça s’est joué à quelques millièmes de secondes", note la présidente.
"Compenser ce que j'ai perdu"
Là, malgré ses suppliques, Joé Bréda est poignardé à de multiples reprises. "Vous n’avez pas eu pitié de lui alors qu’il vous a supplié à genoux de le laisser vivre ?", questionne la présidente. "Mais moi aussi je faisais pitié, j’avais tout perdu" répond-il sans la moindre hésitation.
"C’est dommage pour lui, mais c’était lui ou moi" dit-il encore, avant de reconnaître : "Je voulais tuer tout le monde, mais je n’ai pas réussi."
Se dessine alors l’effroyable logique de l’accusé, consistant à "se faire justice" pour "tout ce qu’il avait perdu." "On m’a forcé à tuer ma mère, ce qui m’a fait perdre ma voiture, ma maison", dit-il, "j’ai voulu tuer autant de gens possible pour compenser ce que j’ai perdu."
"Ma vie aussi est bien gâchée"
Un sens bien particulier de la justice, alors qu’il justifie toujours ses premiers meurtres par le souci d’éviter la tentation pédophile que représentait sa petite cousine de 5 ans. "Je ne m’en fous pas du jugement de Dieu, c’est pour ça que j’essayais d’être sérieux. Mais en gardant l’enfant à la maison, on m’a forcé à faire un choix", explique-t-il encore.
"Vous auriez honte d’être un pédophile, mais pas d’avoir tué toutes ces personnes ?" lui demande Me Jean-Jacques Morel, l’avocat de la famille Bréda. "Non. Quand vous rendez la justice, vous rendez la justice", rétorque-t-il. Les regrets entraperçus la veille semblent bien loin.
Et l’accusé de se victimiser encore quand on lui rappelle toutes les vies impactées par son déchaînement de violence. "Ma vie à moi aussi est bien gâchée", se plaint-il, reconnaissant quand même qu’il était "content" à la fin de son carnage, tout en contestant avoir fait tout ça "pour qu'on parle de lui".
L’audience se poursuit ce jeudi, avec l’audition des experts psychiatres et psychologues ayant examiné l’accusé.


