[Le podcast de Pierrot] Lucie Castets est lesbienne ? Et alors ?

Lucie Castets, la candidate du NFP à Matignon, a fait son coming-out mardi dans un entretien à Paris Match, article dans lequel elle révèle être mariée à une femme et être mère d’un enfant de deux ans.
La nouvelle est passée quasi inaperçue. Et c’est tant mieux. C’est signe que la société française évolue et que l’homosexualité n’est aujourd’hui plus un tabou.
Je ne sais pas si elle accèdera un jour à Matignon, comme le souhaite le Nouveau Front Populaire, ce dont je doute personnellement, mais si tel était le cas, elle succèderait à Gabriel Attal qui avait lui aussi révélé son homosexualité sans que ça ne l’empêche d’accéder au poste de Premier ministre.
J’ai presque envie de dire : elle est homosexuelle ? Et alors ? On s’en fiche.
Ce qu’on demande à un Premier ministre, c’est d’être compétent. Ce qu’il ou elle fait le soir dans l’intimité de son foyer et avec qui il ou elle le fait ne regarde que lui. Ou elle.
Que de différences avec ce qui se passe actuellement dans certains pays d’Europe de l’Est, pourtant membres de l’Union européenne. En même temps que cette annonce, on apprend que le parlement bulgare a interdit hier la "propagande" LGBT+ à l'école, par le vote d'une loi qui rend illégal "l'encouragement" d'une "orientation sexuelle non traditionnelle" et d'une identité de genre "différente de la biologique"
L'amendement, introduit sur proposition d’un parti d'extrême droite prorusse, a été adopté à une très large majorité. Les rapporteurs du texte ont justifié le dépôt de ce projet de loi par la nécessité de légiférer rapidement en raison d'une "normalisation inacceptable de l'orientation sexuelle non traditionnelle", opérée selon eux par la "propagande" actuelle.
Ils faisaient apparemment référence à certains des tableaux mis en scène lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. L'Église orthodoxe avait en effet vivement critiqué la cérémonie qui faisait selon elle une trop grande place aux queers et aux homosexuels.
Ce faisant, la Bulgarie rejoint l’offensive menée par la Hongrie qui, depuis 2021, interdit d'évoquer l'homosexualité devant des mineurs sous peine d'une amende. Une législation directement inspirée par celle de la Russie pour réprimer les minorités sexuelles et de genre.
Il faut croire que c’est une position commune à l’ensemble des pays de l’Est européen puisque, fin juin, le parlement géorgien avait aussi voté une loi interdisant la propagande LGBT.
La Bulgarie a également dénoncé la participation des boxeuses algérienne Imane Khelif et taïwanaise Lin Yu-Ting, jugeant qu'elles représentaient "l'autre sexe".
Concernant ce dernier point, ma position sera beaucoup plus nuancée car, contrairement à d’autres cas qui s’étaient déjà posés dans le passé, on ne parle pas de nageuses ou de coureuses mais de deux boxeuses. C’est-à-dire que la sécurité de leurs adversaires est en jeu. D’ailleurs, c’est l’argument immédiatement avancé par la boxeuse italienne Angela Carini quand elle avait déclaré forfait et fondu en larmes pendant le combat des huitièmes de finale le 1er août dernier. Elle s’était plainte de la violence des coups portés par son adversaire et mis en doute sa féminité.
Il faut tout d’abord se poser la question : qu’est-ce qui différencie une femme d’un homme ?
Jusqu’à il y a peu, on se basait pour le déterminer sur la quantité de testostérone dans le sérum des individus. La testostérone est produite dans les testicules pour les hommes et en bien plus faible quantité dans les ovaires des femmes. En moyenne sept fois moins.
Or, une forte présence de testostérone peut conférer plusieurs avantages, notamment une augmentation de la masse musculaire, une amélioration de la densité osseuse, une réduction de la masse grasse, une augmentation de l'endurance et de la capacité aérobie, une récupération améliorée, une motivation et une agressivité accrues et surtout une amélioration de la force explosive.
Et il est acquis scientifiquement que ni les ovaires ni les glandes surrénales ne produisent l'hormone à des taux typiquement masculins, seuls les testicules en sont capables. Ou alors un dopage externe. Si on cherche un critère indiscutable, la présence de testostérone en quantité anormalement élevée est donc le seul.
Pourquoi cette polémique alors ? Essentiellement à cause de l’hypocrisie du CIO pour le coup un peu trop sensible au lobbying LGBT.
L'Association internationale de boxe amateur (AIBA) a publié un communiqué le 31 juillet dernier statuant qu'un test « reconnu » avait établi que Khelif et Lin ne répondaient pas aux normes d'éligibilité pour la compétition féminine. Selon elle, les deux boxeuses avaient des chromosomes XY et un taux trop élevé de testostérone. L'AIBA précise qu'il ne s'agit pas d'un test de testostérone, ce qui pointe donc vers un test génétique.
En face, le CIO rappelle que l’AIBA en question traine derrière elle une très mauvaise réputation, et que son président est un Russe, sous-entendu qu’il est peut-être téléguidé par Vladimir Poutine dont on connait les positions très clairement anti LGBT.
Pour valider les deux boxeuses, le CIO concède que les deux boxeuses pourraient certes présenter une anomalie du développement sexuel, avec un avantage masculin, mais comme leur certificat de naissance leur consigne un sexe féminin, qu'elles se considèrent comme des femmes et que leur entourage y compris leurs familles les considèrent comme des femmes, alors ce sont des femmes.
Un peu léger comme argumentation alors que, rappelons-le, la sécurité physique de leurs adversaires peut être en danger. Sans compter l’injustice pour ces femmes qui se sont entrainées dur pendant des années pour arriver au sommet de leur art et qui n’ont aucune chance de gagner face à des athlètes physiquement avantagées.
J’en aurai fini avec ce dossier quand j’aurai relevé l’ironie de voir l’Algérie, ouvertement anti-LGBT, soutenir mordicus sa boxeuse.
Quelle solution alors ? Comme souvent, j’ai envie d’être pragmatique. Pourquoi ne pas les faire concourir dans une catégorie à part ? D’un côté les hommes, d’un autre les femmes, et enfin, dans une troisième catégorie, les femmes qui se sentent femmes mais qui ont des testicules et qui présentent un taux de testostérone très élevé, leur conférant un avantage disproportionné ?


