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[Le podcast de Pierrot] Le train de vie fastueux de l'Elysée

Pierrot Dupuy consacre son podcast du jour au rapport de la Cour des Comptes sur les dépenses présidentielles.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 30 juillet 2024 à 18H35

 

 

Vacances obligent, l’actualité est pauvre en cette fin de mois de juillet. Que ce soit en métropole ou à La Réunion.

Localement, retenons que c’est demain que le tribunal de commerce de Saint-Denis devrait se prononcer sur la demande de liquidation du JiR dont la société éditrice présente un passif de plusieurs millions d’euros. Le journal n’est plus imprimé depuis le 9 juillet dernier et n’existe plus que dans sa version numérique. Tout comme Le Quotidien qui lui ne parait plus depuis plusieurs jours à la suite de problèmes avec sa société distributrice, celle-là même qui transporte tous les jours les journaux jusqu’aux revendeurs, aux quatre coins de l’ile. Carole Chane Ki Chune, la patronne de la société distributrice, reproche au journal de ne pas payer ses factures, tandis que Le Quotidien lui reprocherait de ne pas lui faire remonter les encaissements recueillis chez les vendeurs.

La situation est bloquée et, en attendant, ce sont les Réunionnais qui sont privés de leurs deux journaux papier. Heureusement qu’il reste les journaux en ligne.

À La Réunion toujours, l’État accentue la lutte contre le trafic de drogues, suite à de récentes saisies importantes qui traduisent une augmentation sensible de la consommation et du trafic. Aujourd’hui, la consommation de cocaïne n’est plus l’apanage de quelques soirées saint-gilloises. La drogue est partout et se répand dans tous les milieux et dans toute l’ile à une vitesse effrayante.

Le docteur David Mété, le célèbre addictologue, ajoute même qu’elle aurait infiltré les sphères politiques.

Il est encore temps de réagir pour éviter que La Réunion ne devienne une narco-île, où certains hommes politiques financent leurs campagnes électorales grâce au trafic de drogue, comme à l’île Maurice. Mais pour cela, il faudrait que l’État renforce sensiblement les moyens humains et matériels des douanes, de la police et de la gendarmerie.

Les trafiquants utilisent plusieurs méthodes pour importer leur drogue dans l’ile. Ailleurs dans le monde, ils se servent des ports comme portes d’entrée, car ils peuvent faire passer de plus grosses quantités à chaque fois. Pour ce faire, ils n’hésitent pas à acheter des dockers et des douaniers, et quand ils n’y arrivent pas, à les menacer physiquement, eux ou les membres de leurs familles.

Il semblerait qu’on n’en soit pas encore là à La Réunion, en tous les cas pas de manière industrielle comme c’est le cas dans les ports d’Europe, le Havre ou Anvers pour ne citer que ceux-là.

Ici, on préfère encore la technique des mules. Quitte à saturer les agents des Douanes. On envoie plusieurs mules chargées de drogue, soit ingurgitée qui est stockée dans leurs intestins, soit introduits dans leurs organes génitaux, en acceptant le risque qu’il y en ait une qui se fasse attraper. Mais pendant ce temps-là, les autres passent tranquillement. Et vus les bénéfices que le trafic rapporte, la perte d’une mule n’est pas bien grave.

En Guyane, il y a quelques mois de cela, la préfecture avait annoncé que les Douanes allaient procéder le lendemain au contrôle minutieux de chaque passager avant l’embarquement. Le lendemain, 80% des passagers ne se sont pas présentés à l’embarquement…

Ces arrestations à Gillot font régulièrement la Une des journaux, car ce sont souvent des quantités proches du kilo qui sont saisies. Beaucoup plus discrets, mais au final bien plus important sont les envois réguliers de petites quantités par la Poste. C’est connu, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

On me dit que c’est tous les jours que les services des Douanes saisissent une dizaine au moins de petits colis au centre de tri. Et pour un d’attrapé, il y en a combien qui passent à travers les mailles du filet ?

Si la lutte contre les trafics de drogues dures est importante, il ne faut pas minimiser la lutte contre le trafic de zamal. Selon le procureur de la République de Saint-Pierre, dont les propos sont rapportés par Réunion 1ère, " quand on voit des enfants de 12 ans qui sont des consommateurs habituels de zamal, et qui à l’adolescence passent à la cocaïne, à la MDMA et à des drogues de synthèses plus dures, il ne peut pas y avoir de banalisation de la consommation de zamal".

En métropole, rien de bien nouveau dans le dossier du futur Premier ministre. Le Monde nous apprend que "le président de la République serait à la recherche d’« une personnalité consensuelle à gauche comme à droite, mais dont la désignation au poste de premier ministre donnerait une impression de cohabitation". Preuve en est, s’il en était besoin, qu’il n’a nulle intention de nommer Lucie Castets au poste.

Puisqu’on parle du Président, relevons la publication par la Cour des comptes, en pleine période de vacances, de son rapport sur les caisses de l’Élysée pour l’année 2023. Selon Politico, "les magistrats de la rue Cambon sont inquiets, et pour cause : le Palais affiche un “résultat déficitaire” de 8,3 millions d’euros, pour 125 millions d’euros de dépenses, un record".

L’inflation n’explique pas tout : certaines dépenses pèsent lourd dans la balance, dont des réceptions fastueuses, comme par exemple le dîner d’État en septembre dernier avec Charles III à Versailles qui a coûté à lui seul 475.000 euros.

L’audit pointe aussi les frais de déplacements… annulés au dernier moment. Douze d’entre eux ont ainsi coûté 830.000 euros en 2023. La Cour des comptes exhorte à plus “d’anticipation”.

L’Élysée soutient qu’on ne peut pas parler de “déficit” puisque la trésorerie, provenant d’une cagnotte mise de côté grâce aux économies réalisées au cours des mandats précédents, a permis d’éponger les dépenses.

Pour 2024, l’Élysée a demandé une rallonge de 12 millions d’euros…

Je conclurai avec une petite pensée pour ceux qui assistent aux JO à Paris, soit comme sportifs, soit comme organisateurs, soit comme spectateurs. Météo France a placé 56 départements métropolitains en vigilance orange canicule et orage. Sur l'Île-de-France, les 35°C seront atteints aujourd’hui et la nuit de mardi à mercredi sera très chaude, avec des températures minimales autour de 22°C.

Sur les sites olympiques, certaines épreuves organisées cet après-midi seront particulièrement exposées à la chaleur (demi-finales de rugby à VII féminin, éliminatoires de hockey-sur-gazon, tours préliminaires de beach-volley et basket 3x3, ainsi que les qualifications en BMX freestyle...).

Etiquettes : Le podcast de Pierrot

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