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[Le podcast de Pierrot] - Jean-Luc Mélenchon souhaite un nouveau Mai 68

Pierrot Dupuy consacre son podcast du jour aux réactions suite à la prise de parole de Lucie Castets.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le vendredi 26 juillet 2024 à 17H05

Vous vous rappelez sans doute qu'hier, je me demandais : "Jusqu’à quand les héritiers de Jean Jaurès vont-ils se vautrer dans la fange du racisme, de l’homophobie, de l’antisémitisme ? Jusqu’à quand vont-ils vendre leur âme pour un plat de lentilles, en l’espèce quelques sièges de députés en plus ou de mairies en 2026 ?" Eh bien, la réponse est vite arrivée.

Tout est parti de l’interview calamiteuse de Lucie Castets hier matin sur BFMTV dont je vous ai fait profiter hier de certains extraits. Elle a paru embarrassée sur de nombreux points, obligée de jouer à l’équilibriste entre les positions souvent opposées des membres du NFP. Ce qui a donné lieu par moments à des morceaux choisis de langue de bois.

Sur des questions essentielles telles que le nucléaire ou les relations avec le RN, Lucie Castets ne sait pas sur quel pied danser”, a expliqué hier soir un membre du courant minoritaire du PS à Atlantico

De même, quand elle a été interrogée sur les propos polémiques du député LFI Thomas Portes, dont elle est proche, disant aux Israéliens qu’ils n’étaient pas les bienvenus en France et que lui et ses amis allaient tout faire pour le leur montrer.

"Pour moi, la priorité, c'est que les massacres en cours à Gaza cessent, que toute l'énergie de la diplomatie française doit être mise sur cette priorité", a répondu Lucie Castets à la question du journaliste de BFMTV, esquivant une première fois de répondre.

Le journaliste ne se laisse pas démonter et l'Interroge à nouveau sur la présence des athlètes israéliens à Paris, et s'ils étaient les bienvenus dans la compétition, Lucie Castets a à nouveau refusé de répondre directement. "Ils sont là… Maintenant, les forces de la diplomatie française doivent être orientées pour faire cesser les massacres à Gaza, y compris en utilisant des moyens de pression politique pour qu'Israël cesse ses agissements", a-t-elle dit, apparaissant "déstabilisée", selon les termes d'un article du Point.

"Je vous sens embarrassée", lui a alors lancé le journaliste de BFMTV. "Non pas du tout", a-t-elle répondu, répétant cependant sa priorité pour l'arrêt des massacres à Gaza. Mais refusant toujours obstinément de condamner son ami Thomas Portes, qui fait pourtant l’objet de plusieurs plaintes pour "provocation à la haine et discrimination".

La réaction n’a pas tardé. Elle est venue des courants minoritaires du PS, qui pèsent à eux deux malgré tout presque la moitié des militants, et elle s’est jouée en deux temps.

Un conseil national extraordinaire du parti devait se dérouler hier soir en visioconférence. A 18h, c’est-à-dire très précisément à l’heure de son ouverture, Le Parisien a publié une interview d’Hélène Geoffroy, la responsable d’un de ces courants. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. "La stratégie actuelle du NFP n’incarne pas la gauche de gouvernement. (…) Lucie Castets est obligée de porter les positions divergentes des différentes formations du NFP, l’empêchant de montrer un chemin avec clarté", a-t-elle déclaré.

Et elle en a ensuite remis une couche lors du conseil national auquel elle assistait, exigeant une clarification de la position de son parti : "Nous avons voulu mettre un nom avant de se poser la question de savoir ce que l’on veut faire. Gouverner ou juste obtenir la démission du président de la République ? C’est un gouvernement dont notre pays a besoin. Les Français veulent des réponses à leurs difficultés du quotidien…"

Ce n’est pas Castets qui est en cause, mais la situation politique dans laquelle on l’a mise”, résument les minoritaires.

Hélène Geoffroy est persuadée que Lucie Castets n’est qu’une marionnette entre les mains de Jean-Luc Mélenchon, lequel ne veut absolument pas gouverner la France. Selon elle, le leader des Insoumis n’a qu’une obsession en tête : les présidentielles, où il espère figurer au second tour face à Marine Le Pen. Soit en 2027, date officiellement prévue, soit avant s’il parvient à forcer Emmanuel Macron à démissionner grâce à une pression venue de la rue. La tactique du « tout bordéliser » poussée à son extrême. Et pourquoi pas à travers un nouveau Mai 68.

Ce n’est pas la position défendue par Hélène Geoffroy et Nicolas Mayer-Rossignol, les responsables des deux courants minoritaires du PS, qui estiment au contraire qu’il est urgent de trouver des alliés, quitte à rompre avec LFI, pour former un gouvernement et répondre aux problèmes des Français.

Les discussions ont été houleuses, comme souvent lors des conseils nationaux du PS. Hélène Geoffroy demande l’organisation d’une convention, à l’automne, pour trancher la stratégie socialiste, sans réclamer un changement à la tête du parti, proposition refusée par Olivier Faure, selon Atlantico.

Commentaire du proche d’Hélène Geoffroy : “Olivier Faure passe plus de temps à chercher à savoir ce que les mélenchonistes vont dire de lui qu’à rassembler sa propre famille politique”.

Une chose est sûre : Olivier Faure et Hélène Geoffroy ne vont pas partir en vacances ensemble. Et le feuilleton qui tient en haleine les Français n’est pas près de s’achever.

Place maintenant aux Jeux olympiques et "Vive la France".

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