Le Parti de Gauche à propos de Marine Le Pen : "Un grand écart entre le discours et la réalité"

"Elle dit se positionner contre le libéralisme et pour le patriotisme économique", commence Perceval Gaillard, avant de rappeler : "Pourtant, le 28 mai 2015, lors du vote du TAFTA* au parlement européen, elle et son suppléant n’étaient pas présents". Pour lui, elle n’est autre qu’"une opposante de pacotille, pour reprendre les termes de Jean-Luc Mélenchon, complice de l’UMPS".
Deuxième point mis sur la table, le fait que Marine Le Pen affirme "être contre les grands patrons". Perceval Gaillard indique alors que "le 14 avril 2016, la femme politique avait voté, comme 21 autres membres du front national, la directive européenne concernant le secret des affaires, qui permet aux grandes multinationales de cacher des informations qu’elles jugent sensibles".
"Une liste de condamnations pour corruption plus longue que celle des promesses non-tenues de Sarkozy et Hollande réunis"
Autre aspect décrié, la politique sociale qu’elle se vante de vouloir mettre en œuvre. Le Parti de gauche prend ici l’exemple d’un maire FN, Fabien Engelmann, qui a choisi d'"augmenter les indemnités des élus et de supprimer la cantine gratuite", et argue : "Ce qui est valable pour une commune le serait au niveau de l’Etat".
Enfin, le porte-parole pointe du doigt la corruption, dénonçant le fait que loin d’être le parti anti-corruption qu’il se dit être, le FN est "le parti le plus corrompu" et donc "mal placé pour faire la leçon". "La liste des élus FN condamnés est plus longue que celle des promesses non-tenues de Sarkozy et Hollande réunis", tâcle-t-il. Ainsi, selon le Parti de Gauche, sur la période 1997-2012, le taux de condamnations des élus FN, rapporté au nombre d’élus, s’établirait à 15,68%, contre 3,12% pour l’UMP et 1,94% pour le PS.
L’occasion pour Perceval Gaillard d'évoquer "une enquête ouverte le 26 octobre 2016 contre le micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, ainsi qu’une agence de communication, Riwal, tenue par un de ses proches, Frédéric Chatillon". "Une enquête pour escroquerie, recel d’escroquerie, abus de biens sociaux, recel d’abus de bien sociaux et blanchiment", précise-t-il. Et de rappeler que "le FN local est aussi concerné" par cette problématique.
"Les Réunionnais plus lucides sur la nature raciste du FN"
S’ils ont décidé de donner une conférence de presse sur Marine Le Pen, c’est non seulement pour "montrer la réalité du FN", mais aussi parce qu’ils estiment qu’une partie de l’électorat du front national pourrait être le leur. Le parti de Gauche ne pense pas ici à l’électorat "socle", qui représente un vote d’adhésion, mais à ceux qui se tournent vers le FN par rejet et contestation de la situation politique actuelle. Selon eux, le vote d'adhésion au front national est d'ailleurs très minoritaire sur notre île, les Réunionnais étant "globalement plus lucides sur la nature raciste de ce parti". Pour rappel, à l'élection présidentielle de 2012, le front national avait remporté 10,3% des suffrages, et le Front de gauche 6,7%, à La Réunion.
"Nous voulons expliquer que le vote de contestation peut aussi se porter sur Jean-Luc Mélenchon, à la différence qu’il s’agirait là d’un projet qui va dans leur sens", expriment Perceval Gaillard et Denise Delavanne, soulignant que le front national s’est prononcé contre la revalorisation du SMIC, des minimas sociaux et ne s’est pas opposé à la loi travail.
"Marine Le Pen flatte le peuple pour mieux le tromper et pour faire une politique favorable aux grands patrons et aux multinationales. Elle attaque les pauvres et les immigrés plutôt que de s’en prendre aux grands actionnaires et aux grandes banques" s'indignent-ils, dénonçant au passage le fait que Marine Le Pen reprenne des sloggans issus du parti de Mélenchon, notamment concernant l'économie de la mer, "mais pour faire une politique à l’inverse dans les faits".
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* Traité de libre-


