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Le coup de gueule d'un ambulancier

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 9 février 2017 à 17H25

"Être ambulancier à La Réunion, c’est bien plus qu’utiliser un gyrophare pour éviter les embouteillages": c’est un ambulancier qui lance un coup de gueule. Longues heures, travail de nuit, interventions médicales, évacuations sanitaires et salaire "misérable"… Cet ambulancier raconte son métier, celui d’aider, de soigner et de sauver.
 
"Un ambulancier c’est un diplômé d’État, un professionnel de santé qui assure le transport des malades et des blessés dans des véhicules de transport sanitaire adaptés pour des raisons de soins ou de diagnostics. Les ambulanciers sont formés à effectuer, en intervention, les gestes et soins d’urgence. Ils sont formés pour effectuer le transport des patients qui sont handicapés physiques ou mentaux, pour des transferts de patients d’un établissement de soin à un autre,  pour des gardes préfectorales, pour des évacuations sanitaires, pour des gardes lors de manifestations telles que les courses à pieds, les courses de moto ou encore des rallyes. Ils sont souvent mandatés par le SAMU", explique-t-il.
 
Et tout cela de jour, de nuit, les week-ends et les jours fériés. "Et des semaines de 45 heures", ajoute-t-il. Tout cela pour un salaire de 1200 euros par mois. Car c’est ce que gagne cet ambulancier réunionnais, malgré six ans d’ancienneté.
 
"Est-ce  normal qu’un ambulancier aura plus d’une fois la vie de victimes entre ses mains et ne soit rémunéré que 1200 euros ?"

"Est-ce normal qu’un employé, quelque soit son métier, travaille de nuit, en week-end ou un jour férié, et qu’il soit payé comme s’il travaille de 8h à 16h en semaine? Il serait normal d’avoir une majoration qui prend en compte le fait que lorsqu’on travaille de nuit c’est du temps que l’on ne passe pas avec sa famille et du repos que l’on aura pas. Vous vous dites surement 'oui mais ils peuvent se reposer la journée'. Je vous demanderai dans ce cas, à quel moment est ce que l’on passe du temps avec notre famille, nos amis, à quel moment est ce que nous vivons pour nous et pas pour nos patients ?" s'indigne-t-il.
 
Il estime être payé pour seulement 88% de son temps de travail. Mais ses efforts représenteraient bien plus que ça : "Est-ce  normal qu’un ambulancier aura plus d’une fois la vie de victimes entre ses mains et ne soit rémunéré que 1200 euros ? Est-ce  normal qu’un ambulancier fasse accoucher une femme et qu’il ne touche, lui, que 1200 euros ?"

Le véhicule est également sous la responsabilité de l’ambulancier, précise-t-il : "Nous sommes aussi des garagistes sans compter le nettoyage et la désinfection de la cellule sanitaire et du matériel".
 
Il lance donc un appel à l’ARS (Agence régionale de santé), à l’inspection du travail et aux syndicats pour qu’il puisse continuer son métier qu’il dit aimer : "J’aime ce métier, j’aime ce que je fais, j’aime le fait de venir en aide à la population. Je ne changerai pas de métier en temps normal, mais ma famille a tout autant besoin de moi que mes patients".

 

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