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Le conseil municipal du Tampon pourra-t-il tenir jusqu'en mars ?

Ecrit par Ludovic Grondin – le vendredi 20 septembre 2013 à 17H53

Le conseil municipal du Tampon vit un vrai chemin de croix. Pour la troisième fois en l'espace de quelques mois, voire plus si l'on remonte à 2012, le quorum n'a pas été atteint hier après-midi.

Si certains élus absents de la majorité ont joué la carte de la procuration pour une raison valable, la majorité autour de Paulet Payet se délite malgré tout inexorablement.

Hier après-midi, au moment de l'appel, ils étaient 16 élus présents. Huit ont fait valoir leur procuration. C'était de toute façon insuffisant au regard de la limite de 25 présences que le conseil devait atteindre pour 48 conseillers municipaux (dont 12 adjoints).

Les socialistes appellent le préfet à dissoudre le conseil

Les premiers à appuyer le caractère risible de la situation ont été les élus du groupe socialiste. "Une fois de plus, le maire du Tampon ne parvient pas à rassembler sa majorité pour constituer le quorum nécessaire. Encore une fois, les Tamponnais font les frais de cette gestion minimaliste et peuvent constater le manque de volonté de la majorité à défendre les intérêts de la population jusqu'au bout du mandat. Cette incapacité durable perdure lourdement et bloque l'institution". Le communiqué de l'opposition socialiste finit par réclamer l'intervention du préfet pour ni plus ni moins que "dissoudre le conseil"'.

Sans arriver jusqu'à cette décision extrême, des élus de la majorité s'attristent du spectacle livré hier. "On ne peut pas jouer comme ça avec la population", exprime l'un d'eux. Pour cet élu qui souhaite s'exprimer anonymement au vue de la fragilité actuelle du groupe majoritaire (qui ne l'est plus vraiment), ce type de blocage par la politique du siège vide relève du "jeu politicien".

"Rétention d'informations" de la part du maire

Son point de vue rejoint celui d'une autre élue qui regrette, au final, de jouer le jeu de l'opposition. Une situation qu'elle "n'aurait jamais imaginé", dit-elle, lorsqu'elle se remémore le Tampon d'une "droite solide". "Depuis plus d'un an, on est devenu à notre tour la droite la plus bête de l'île", constate-t-elle.

L'auto-critique est de mise. Mais les fautes sont largement à mettre à l'actif du maire, résume cet adjoint: "Je ne peux pas dire que je soutiens à 100% Paulet, mais je ne suis pas d'accord avec la façon dont il procède". L'adjoint met dans la balance "la rétention d'informations" entre le maire et le cercle de conseillers qui lui restent loyaux (une dizaine d'après lui) et les autres. Selon lui, la délégation qui est pourtant la sienne au sein de la municipalité est devenue une coquille vide depuis quelques temps.

Il est temps, justement, que les six mois qui séparent le Tampon des élections municipales passent le plus vite possible. Les affaires courantes paralysées par des délibérations avortées ne pourront le rester éternellement. Hier, un menu constitué de 23 affaires attendait pourtant les élus.

 

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