Le bras droit présumé du point de deal Ti Karé nie tout trafic

Ecroué dans le cadre des investigations sur le point de deal de la Rivière-des-Galets, l’un des fournisseurs présumés du Ti Karé, 25 ans, conteste toute implication dans le trafic et demande à sortir de prison.
« En aucun cas je ne suis impliqué dans ce trafic. » Ecroué le 26 septembre dernier dans le cadre de l’enquête sur le « drive » à drogues de Ti Karé au Port, S. N., 25 ans, avait choisi de garder le silence devant le juge d’instruction qui l’a mis en examen pour trafic de stupéfiants.
Fournisseur présumé de cocaïne
Le Portois s’est montré plus prolixe mardi 7 octobre devant la chambre de l’instruction, à laquelle il demandait sa sortie de détention provisoire. Face aux magistrats, celui qui a été désigné au cours de l’enquête comme « le bras droit » du chef présumé du réseau, celui chargé d’alimenter le point de deal en cocaïne, a nié toute implication.
« Jamais pris en photo »
« On ne m’a jamais pris en photo en train de vendre de la drogue, on n’a rien trouvé chez moi, je ne fume même pas. Mon seul problème, c’est d’habiter dans un quartier où il y a du trafic tous les jours » s’est défendu l’homme qui n’affiche qu’une seule condamnation à son casier, un refus d’obtempérer datant de 2022.
« Train de vie disproportionné »
L’enquête a cependant mis en lumière le « train de vie disproportionné » du mis en cause sans emploi depuis trois ans, dont le compte bancaire « était pourtant bien garni, qui possède des vêtements de luxe, une voiture à 30 000 euros et multiplie les voyages à l’étranger en classe affaire » pointe le ministère public.
« J’ai revendu ma voiture, j'ai joué aux cartes et vendu du tabac à chicha », se justifie le mis en examen. « Si j’étais un trafiquant, je n’aurais pas mis d’argent sur un compte en banque », ajoute-t-il.
Téléphone nettoyé
Les enquêteurs ont également trouvé louche que le téléphone portable de S. N. soit équipé d’un logiciel téléchargé sur le darknet, qui a permis l’effacement de toutes les données lorsque les policiers ont cherché à déverrouiller l’appareil.
« Cela démontre une volonté de faire obstruction à l’enquête et une certaine organisation, à l’image de ce point de deal ouvert 7/7 et 24/24 et générait des revenus importants », oppose l’avocate générale en demandant la confirmation du placement en détention.
« Pour regarder les matches en streaming »
« J’ai reçu mon téléphone quelques jours plus tôt avec un logiciel pour regarder les matches de foot en streaming, je ne savais pas qu’il y avait ce logiciel », se défend encore le mis en cause, qui a servi deux ans sous les drapeaux avant d’échouer à l’examen d’ambulancier. La cour, après en avoir délibéré, a rejeté sa requête mercredi 8 octobre et confirmé le placement en détention.
Le 22 septembre dernier, les services de police procédaient à une dizaine d’arrestations au Port autour du point de deal de Ti Karé, sorte de « drive » de la drogue où les clients pouvaient se procurer cannabis, cocaïne, ecstasy ou tabac chimique. Un business au chiffre d’affaires estimé entre 25 et 40 000 euros/jour, qui a conduit à la condamnation de cinq « petites mains » du réseau en plaider coupable, et à la mise en examen des trois têtes présumées, dont un homme arrêté dans l’Hexagone.
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