Le bombardier d'eau Dash-8 doit-il intervenir ?

Mardi 19 Octobre 2010. Le Dash-8, avion bombardier d'eau, se pose sur la piste de Gillot, il est 20h10. Très attendu après six jours de lutte contre l'incendie au sol et dans les airs grâce aux hélicoptères, l'avion providentiel s'activera dès le lendemain matin sur les pentes du Maïdo. Les sapeurs pompiers parleront même de "journée exceptionnelle" avec un vent quasi nul pour caractériser l'intervention très matinale du Dash.
Si l'hypothèse d'un retour précipité du Dash-8 à la Réunion n'était pas exclu hier soir du côté de la préfecture, la prise de décision doit s'opérer le plus rapidement possible.
Parti de Marseille, l'avion avait fait escale en Grèce, puis à Louxor en Egypte, à Djibouti, à Mombassa au Kenya et à Mayotte avant de rejoindre la base aérienne 181 à l'aéroport Roland Garros. La préfecture de la Réunion avait annoncé sa décision de finalement faire appel au bombardier d'eau deux jours auparavant, nous étions le dimanche 17 octobre 2010.
Le Dash, c'est 12 fois plus d'efficacité qu'un hélicoptère !
Dans les faits, l'avion avait effectué des rotations toutes les 45 minutes environ sur le Maïdo, au meilleur des conditions météorologiques. Tous les doutes sur la configuration délicate des pentes réunionnaises avait du coup été levés. Montre en main, le remplissage des 12.000 litres de l'appareil qui s'effectuait sur la base aérienne 181 ne prenait que deux minutes. 12.000 litres, c'est aussi l'équivalant en capacité de deux Canadairs. A côté, l'hélicoptère et son "bambi bucket" (ndlr : nom d'origine australienne caractérisant la poche d'eau à sangle extensible) ne peut contenir que 600 à 1.000 litres d'eau.
Salué par les hommes au sol, mobilisés depuis déjà une semaine et exténués, le Dash-8 n'était venu finalement qu'en soutien d'un travail de terrain rappellent les agents de l'ONF. L'avion avait en effet, indirectement, volé la vedette aux efforts des agents du Parc national, de l'ONF, des pompiers, gendarmes et autres employés municipaux pour la partie logistique.
Dix jours après le début de l'incendie, son utllité se retrouvait surtout dans le fait d'inonder les différentes strates d'un sol encore chaud. Cette année, au bénéfice de l'expérience passée, le Dash-8 pourrait être le premier à venir à bout d'un incendie qui s'annonce tout aussi compliqué à maneouvrer que celui de 2010.


