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Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : « FètKaf et consumérisme »

Ecrit par N.P. – le mardi 23 décembre 2025 à 14H38

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :

La FètKaf a battu son plein dans toutes les communes de La Réunion. Et c’est une excellente chose.

Mais les grandes surfaces sont restées ouvertes.

Les magasins des centres-villes également.

Il est vrai qu’à quelques jours de Noël, quel chef d’entreprise voudrait se priver d’un chiffre d’affaires substantiel en baissant le rideau, au motif de fêter l’abolition de l’esclavage ? Il n’y a pas de petits profits.

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Sauf que le 20 décembre, ici, à La Réunion, n’est pas, ne doit pas être un jour comme les autres.

Certes le décret d’abolition dont Joseph Napoléon Sarda Garriga était porteur peut interroger et susciter le débat (https://www.zinfos974.com/20-decembre-a-la-reunion-une-liberte-octroyee-par-la-loi/). Néanmoins, faut-il sacrifier cette mémoire, même « ambivalente » sur l’autel d’un consumérisme de plus en plus effréné ?

Le jeudi 18 décembre, Réunion la 1ère consacrait un SoBATKoz au « 20 désanm : un fèt vréman pou bann Kaf ? ». Les échanges - riches et denses - entre Ludovic Babas, Ghislaine Mithra-Bessière, Loran Hoarau, Younous Jonas et Davy Sicard, ont démontré la nécessité de ne pas banaliser, ni de folkloriser, le 20 décembre. Cette journée, importante dans l’histoire de La Réunion, doit rester ce moment unique où une population se souvient, pense son histoire et son devenir, le tout sans oublier l’aspect festif sans lequel la célébration serait incomplète.

Le vendredi 19 décembre, le 6/8 Ansanm d’Antenne Réunion accueillait Davy Sicard pour la sortie de son album « Kafé Griyé ». Mais artiste engagé s’il en est, il ne pouvait pas faire l’impasse sur la journée du 20 décembre, équivalent, selon lui d’une « fête nationale ». Avec justesse, Davy Sicard soulignait que cette journée devait être à la fois un moment de réjouissance, mais également un temps de commémoration. Et tout cela de manière collective et harmonieuse.

Mais pour cela, encore faut-il oublier, pendant quelques heures, que la consommation à outrance n’est pas l’unique objectif d’une vie. Que le 20 décembre, on a, peut-être, mieux à faire que de trainer son chariot dans les allées d’un supermarché.

La loi française ne prévoit qu’un seul jour férié et chômé : le 1er mai. Le 14 juillet est un jour uniquement férié, mais la très grande majorité des entreprises ferment leurs portes à cette occasion. Ne pourrait-on imaginer qu’à La Réunion, comme le demandent d’ailleurs, à juste titre, certains syndicats, le 20 décembre soit un jour férié ET chômé ?

Cela illustrerait de manière forte et significative le vivre-ensemble réunionnais, prouvant par là-même que cette expression n’est pas uniquement un slogan marketing.

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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