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L’Aquarium de La Réunion veut réduire son empreinte énergétique

Ecrit par Thierry Lauret – le mercredi 6 août 2025 à 14H39
Photo : Aquarium de La Réunion

Mis en demeure par la préfecture de se conformer à la réglementation sur les rejets d'eau en milieu naturel, l’Aquarium de La Réunion assure tout mettre en œuvre pour répondre aux prescriptions de l’inspection de l'environnement. Le site touristique indique avoir par ailleurs engagé des études pour réduire son impact énergétique.

Avec ses allures de bunker et sa queue de baleine qui dépasse d’un bassin, c'est peu dire que le bâtiment qui surplombe le port de Saint-Gilles s'est imposé dans le paysage depuis son ouverture en mars 2000. Le temps a fait son œuvre et l’Aquarium de Saint-Gilles, qui vient de fêter ses 25 années d’existence, a besoin d’un bon rafraîchissement. La première tranche des travaux, prévue en septembre prochain par la régie Ports de plaisance de l’Ouest, doit permettre une modernisation des installations.

Ce sera sans doute aussi l’opportunité de mettre à jour certains dispositifs de contrôle ou de suivi des normes environnementales : l’Aquarium de La Réunion a récemment été épinglé par les services de l’État en raison, notamment, de l’absence de justificatifs indiquant l’innocuité de ses rejets d’eau en mer.

Un délai de 90 jours pour se mettre en conformité

Depuis un arrêté préfectoral de mise en demeure en date du 9 juillet, la société est sommée de se conformer à plusieurs prescriptions portant sur la régularisation du nombre d’espèces exposées, ou la fourniture d’une convention pour les eaux évacuées, cette fois, dans le réseau d’assainissement collectif.

« Les services de l’État mènent régulièrement des contrôles afin de s’assurer du respect, par les établissements détenant ou exposant des animaux, notamment de la faune sauvage captive, des dispositions prévues par le Code de l’environnement. À l’issue d’une inspection réalisée le 21 mai 2025 à l’aquarium de Saint-Gilles, plusieurs manquements ont été constatés, notamment en ce qui concerne les effectifs d’animaux, qu’ils soient visibles du public ou non, au regard de l’arrêté préfectoral du 6 mai 1999 autorisant l’exploitation de l’établissement. Cet arrêté fixe également les règles relatives au rejet des eaux. Là encore, les dispositions prévues ne sont pas respectées. L’exploitant dispose d’un délai de 90 jours pour mettre en œuvre l’ensemble des mesures correctrices prescrites par l’administration », précisent à Zinfos974 les services de la préfecture.

François Hazard, directeur de la régie Ports de plaisance Ouest, se veut toutefois rassurant : selon lui, la directrice générale de l’Aquarium, Pascale Bocchiardo, et le Territoire de l’Ouest (TO) ont pleinement conscience de la nécessité de se mettre en conformité. Depuis le terme de la concession accordée à la CCIR, c’est le TO qui a hérité de la gestion du port de Saint-Gilles. La régie Ports de plaisance Ouest a ainsi été créée pour s’assurer du bon fonctionnement et entretien des lieux.

« On fait un travail de fond, le TO investit de l’argent »

« On fait un travail de fond avec l’Aquarium. Le TO investit de l’argent car il est propriétaire du bâtiment, pour des travaux de propriétaire, comme pour une maison. Il s’agit de désordres structurels du bâtiment : au vu de son âge, on a quelques fuites », explique-t-il.

Propriétaire et gérante de l’Aquarium de La Réunion, dont elle a repris la gestion en 2013, Pascale Bocchiardo indique qu’elle n’avait reçu aucune visite de contrôle ICPE (installation classée pour l’environnement) avant celle de la DEAL en mai dernier. « L’Aquarium a 25 ans, ce qui explique que le nombre d’espèces a augmenté. Concernant nos rejets d'eau, on est contrôlé chaque année par l’entreprise spécialisée Vetofish », fait-elle valoir, en assurant que chaque nouvelle arrivée d’espèce dans un bassin fait l’objet d’un formulaire Cerfa envoyé à la préfecture.

Aquarium de La Réunion, Saint-Gilles
Photo : Aquarium de La Réunion

La directrice générale de l’Aquarium de La Réunion ajoute s'être déjà conformée à la prescription de la préfecture l’enjoignant de faire réaliser deux analyses mensuelles, de juillet à décembre 2025, pour vérifier le respect des normes concernant les rejets d'eau de l'Aquarium dans le port de Saint-Gilles.

« Le lagon a beaucoup souffert depuis Garance »

« L’État souhaite augmenter les contrôles pour durcir la protection des milieux naturels, je le comprends : le lagon a beaucoup souffert depuis Garance. Et la DEAL est garante du fait que les ICPE respectent la protection de la réserve marine et des coraux, alors que tous les rapports sont alarmants à ce sujet. Il n’y a jamais eu rien à redire sur nos analyses, donc qu’on fasse un prélèvement ou douze, cela ne change rien pour nous. Il y a juste une incidence financière sur l’entreprise », expose la gérante.

Les taux de matières fécales, de nitrites et de nitrates, seront les plus scrutés par la DEAL. Pascale Bocchiardo souligne être soumise à l’emploi de produits d’entretien très réglementés, en toute logique lorsqu’on exploite des bassins poissonneux. Pour le reste, elle maintient que l’Aquarium de La Réunion disposait d’une convention d’affermage datant de l’époque de la Générale des Eaux, et qu’il appartenait donc au nouveau prestataire de proposer une nouvelle convention pour l'utilisation du réseau d'assainissement.

Aquarium de La Réunion, Saint-Gilles
Photo : Aquarium de La Réunion

Selon la directrice générale, outre la mise aux normes ICPE, l’entreprise planche depuis trois ans sur des solutions visant à réduire sa facture énergétique, laquelle représente, avec 90.000 euros par an, le troisième poste de dépenses, après les salaires et le loyer.

Pompage et réfrigération de l’eau de mer, circulation de l’air : en dix ans, l’Aquarium a baissé de 15 à 18 % sa consommation d’énergie, mais travaille toujours avec EDF et le TO sur des solutions innovantes permettant une réduction significative de son empreinte.

« En plus, on vient de constater une hausse de la TVA de +1,5 % sur la facture EDF », glisse Pascale Bocchiardo, en guise d’avertissement aux abonnés.

Lire aussi : La centrale EDF du Port mise en demeure d’évacuer ses huiles usagées

Etiquettes : DEAL | Saint-Gilles

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