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L'ancienne gérante du Kiosque réclame 460.000 euros à Tamarun pour sa rondavelle à la Saline-les-Bains

Se déclarant ruinée après un conflit lié à la rondavelle qu'elle a brièvement exploitée à la Saline-les-Bains, Isabelle Saint Jalmes a engagé un recours devant tribunal administratif de Saint-Denis pour obtenir de la SPL Tamarun une réparation financière.
Ecrit par Thierry Lauret – le samedi 7 septembre 2024 à 14H56
Michelle Graja, Guillaume Darrioumerle et Isabelle Saint Jalmes.

Dans la salle d'audience du tribunal administratif de Saint-Denis, ce jeudi 5 septembre au matin, Isabelle Saint Jalmes (ex Bruneau) trépigne sur son banc et ne peut s'empêcher de commenter l'intervention de l'avocat de la SPL Tamarun. Jusqu'à l'interrompre en lui répétant, en colère : « Vous êtes un menteur ».

Assise à côté d'elle, l'ancienne candidate FN aux législatives dans la 7è circonscription Michelle Graja tente de la calmer et finira même par lui intimer, après sa sortie bruyante de la salle au terme de l'audience : « Je ne te soutiens plus si tu ne te calmes pas ».

Isabelle Saint Jalmes est l'ancienne gérante du Kiosque, une rondavelle qu'elle a brièvement exploitée entre juin 2017 et juin 2018 sur la plage de la Saline-des-Bains. À l'époque, elle avait signé avec son associé d'alors un bail d'un an dans le cadre d'une autorisation d'occupation du territoire (AOT) du domaine public maritime signée avec la SPL Tamarun. Elle se dit désormais « ruinée » et son avocat, Me Guillaume Darrioumerle, a assuré lors de sa plaidoirie qu'elle était « poursuivie par sa banque » et vivait « à la recherche de bons alimentaires ».

Depuis la rupture du contrat, les deux parties sont en guerre sur le terrain juridique. Isabelle Saint Jalmes a notamment perdu ses procès au pénal et se présente devant la juridiction administrative pour faire annuler le contrat avec Tamarun. Et obtenir de la société publique locale une indemnité totale de 460.000 euros, comprenant le remboursement des loyers versés et le préjudice subi.

 

« Des vices découverts après le contrat »

 

Pour la SPL Tamarun, l'affaire est simple : Isabelle Saint Jalmes et son associé auraient effectué des travaux sans autorisation sur la rondavelle, puis laissé des loyers impayés après leur expulsion. Pour Me Guillaume Darrioumerle, la découverte de « vices cachés » dans le contrat, bien après le terme de son exécution, justifie son annulation par le tribunal administratif.

« Le cahier des charges de la mairie de Saint-Paul définissait le loyer du Kiosque à 2.000 euros par mois, la convention avec Tamarun l'a fixée à 2.500 euros. Le kiosque est là, mais il est illégal, parce qu'il n'a pas de permis de construire. Ce permis aurait dû être joint à la convention, cela me semble vicier le contrat, tout comme le prix du loyer. Il n'y a pas d'emplacement précis du kiosque [sur la parcelle cadastrale, Ndlr], l'objet même de cette convention est inexistant. Le contrat signé dans une zone présentant de forts risques d'inondation est illégal, mais ces vices ont été découverts après le contrat », avance l'avocat de la requérante.

Une version balayée par Tamarun, qui a toujours fait valoir l'interdiction explicite de construire en bord de mer et l'expulsion des gérants pour non respect du contrat, quand l'avocat d'Isabelle Saint Jalmes, lui, tente de replacer les déboires de sa cliente dans le contexte de la chasse aux paillotes illégales menées à l'époque par l'association SOS DPM contre des établissements de plage de l'ouest comme le Coco Beach ou la Bobine.

Le tribunal devrait rendre son délibéré dans trois semaines.

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