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“La sexualité des handicapés, c’est d’abord une question de communication”

Il existe en Suisse des assistant(e)s sexuel(le)s qui accompagnent et aident les personnes handicapées physiques, mentales et sensorielles, à vivre et à assumer leur sexualité. La sexualité des handicapés fait débat en France depuis des années, mais en cercle parfois très fermé.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 17 novembre 2009 à 16H36

Jean-François Séguineau, 65 ans, chercheur de Cambridge à la retraite, souffre depuis des années d’une sclérose en plaque. Le scientifique n’en dort plus. “La douleur me réveille plusieurs fois la nuit, ça s’arrête parfois au delà de dix minutes”, raconte cet homme marié.

Philippe lui, a 40 ans. Il est devenu hémiplégique à la suite d’une tentative de suicide. Après six ans en psychiatrie, l’ancien employé d’une société de Hong-Kong a été placé sous la responsabilité de son père à la retraite, il y a quelques mois.

La rencontre de ce matin, c’est Jean-François Séguineau qui l’a provoqué. Le scientifique souhaite ouvrir le débat sur la sexualité des handicapés. Philippe, qui a déjà eu recours au service d’une prostituée “une seule fois et c’était bien !”, et son papa “qui ne se voit pas aller solliciter des péripatéticiennes pour son fils”, sont d’accord avec lui.

"C’est surtout pour ne plus se sentir seul”

“Ce n’est pas seulement pour le sexe, c’est surtout pour ne plus se sentir seul”. Les filles, Philippe en a connu avant sa déprime, sa dépression, sa tentative de suicide, ses quatre semaines de coma et six ans en psychiatrie. “C’est normal de vouloir combler un désir naturel”, avoue son père.

“Je n’ai jamais parlé de ces émotions à papa avant, ce n’est pas aujourd’hui que je vais le faire. De toute façon, je ne saurais pas le faire”, explique Philippe. Jean-François Séguineau ose la comparaison. “Il n’y a rien d’exceptionnel dans cette situation, c’est juste un manque de communication entre des êtres humains ou les membres d’une famille”.

“La sexualité a souvent été un sujet tabou, ça l’est encore plus lorsqu’il s’agit de celles des personnes handicapées physiques, mentales et sensorielles”, souligne le chercheur à la retraite. “Comment voulez-vous que des parents qui ont déjà du mal à concevoir la sexualité de leurs enfants 'valides', puissent concevoir une sexualité pour leurs enfants handicapés et ce quel que soit leur âge”.

Sur la vidéo, Jean-François Séguineau propose plusieurs pistes de discussion et de travail pour aider les personnes handicapées à se rencontrer, à vivre et à assumer leur sexualité.

 

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