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La Réunion intensifie sa lutte contre la cybercriminalité face à l’escalade des attaques

Face à une augmentation des cyberattaques à La Réunion, le préfet Jérôme Filippini a lancé un appel à la vigilance lors d'une conférence de presse ce lundi. Il a souligné l'importance de la sensibilisation et de l'adoption de bonnes pratiques pour se protéger des menaces numériques. En 2023, 14 incidents ont été rapportés à l'agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI) sur La Réunion, reflétant une tendance croissante, bien que de nombreuses attaques restent non signalées.

Ecrit par G.D./A.R. – le mardi 23 avril 2024 à 13H13

À La Réunion, le nombre de cyberattaques est en hausse. Une tendance qui ne cesse de préoccuper les autorités locales et nationales. Selon le rapport annuel de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), l’île a signalé 14 incidents en 2023, contre 11 l’année précédente. Ces chiffres, bien que significatifs, ne reflètent qu’une fraction du problème, de nombreuses attaques passant sous le radar des recensements officiels.

Face à cette menace grandissante, le préfet de La Réunion, Jérôme Filippini, a exprimé sa préoccupation. Il a souligné l’urgence pour tous les acteurs de la société réunionnaise de renforcer leurs mesures de sécurité et de sensibilisation. « La cybercriminalité ne connaît pas de frontières et touche aussi bien les particuliers que les institutions, petites ou grandes entreprises de l’île », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’adopter des pratiques sécuritaires robustes telles que l’utilisation de VPN, de logiciels anti-virus et la sauvegarde régulière des données.

En début d’année, Colipays avait été victime d’une cyberattaque d’ampleur en pleine saison. « Ils ont pu effacer nos données clients, ce qui ne nous permettait plus d’envoyer nos colis. Sous la pression des clients, on a préféré fermer notre site. On a perdu beaucoup de colis et on ne savait même pas où ils étaient. On a fermé le site pendant trois semaines et cela nous a pris trois mois pour retrouver tous les clients et les rembourser », indique Danie Leveneur, président du conseil d’administration de Colipays. La société a dû rembourser plus de 500.000 euros aux clients lésés et le préjudice sur le chiffre d’affaires est estimé à 2 millions d’euros.

La santé et les collectivités pas épargnées

Le secteur de la santé n’est pas épargné, comme en témoigne l’attaque contre le CHU de La Réunion en février 2023, qui a heureusement été contenue avant de causer des dommages irréparables. « Si on n’avait pas détecté, il y aurait eu un impact plus important. La cyberattaque a touché les infrastructures, mais les pirates informatiques ne se sont pas emparés des données patients qui auraient pu être revendues à des fins commerciales ou des arnaques. Cela n’a pas été le cas », assure de son côté Lionel Calenge, le directeur général du CHU de La Réunion.

L’année a mal débuté pour la commune de Saint-Philippe qui a dû faire face aux pirates informatiques dans la nuit du réveillon. « L’essentiel des applications de métier qui sont utilisées par nos agents ont été totalement figées pour quelques semaines, voire plusieurs mois. Donc pendant trois mois, nous avons fonctionné en mode dégradé », explique le maire Olivier Rivière. La ville a dépensé environ 80.000 euros pour restaurer et renforcer ses systèmes de sécurité.

L’importance de porter plainte

L’une des premières mesures à prendre est de porter plainte, car trop peu d’attaques sont connues par les pouvoirs publics, ce qui minimise la connaissance du risque. Cette démarche est notamment nécessaire afin de pouvoir poursuivre les auteurs et souvent obligatoire pour espérer bénéficier d’une indemnisation de son assureur. La Police nationale et la gendarmerie ont d’ailleurs mis en place des dispositifs à l’échelle et locale afin de lutter contre les cyberattaques. Une antenne de l’OFAC, l’Office anti-cybercriminalité, a été créée. « Nous aurons à terme sept personnels qui seront affectés pour ces missions. Pour les infractions les plus simples, mais également les plus complexes où nous aurons le soutien de nos collègues à Paris », déclare Laurent Chavanne, le Directeur Territorial de la Police nationale.

Un centre de ressources en cybersécurité est en cours de création à La Réunion, financé par l’Union européenne et l’État, et piloté par le conseil régional à travers l’établissement public Réunion THD. Prévu pour être opérationnel d’ici fin 2024, ce centre aura pour but de soutenir les collectivités ainsi que les TPE et PME dans le renforcement de leurs infrastructures numériques et la gestion des incidents de cybersécurité. Ses principales missions incluront la sensibilisation et la formation, l’appui aux initiatives locales visant à améliorer l’offre et la demande en cybersécurité, ainsi que la fourniture d’une assistance de premier niveau pour les incidents de cybersécurité affectant les structures locales.

Par ailleurs, en cas de cyberattaque, l’État met à disposition deux plateformes d’accompagnement :

–                 La plateforme de l’ANSSI « CERT-FR », joignable 7j/7, 24h/24 par téléphone au +33 (0)9 70 83 32 18 ou cert-fr@ssi.gouv.fr ;

–                 La plateforme Cybermalvaillance : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/

Il convient enfin également de saisir la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) en cas de violation des données personnelles.

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