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La Réunion face aux risques : le CESER appelle à une stratégie intégrée de résilience

Ecrit par N.P. – le jeudi 2 octobre 2025 à 18H14

Cyclones, séismes, feux de forêts, éruptions… La Réunion cumule les vulnérabilités. Dans son dernier rapport, le CESER alerte : seule une stratégie intégrée de résilience permettra d’éviter l’ingérable.

Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de La Réunion a adopté, le 30 septembre 2025, son rapport "Risques et résilience : gérer l’inévitable, éviter l’ingérable". À travers ce document, l’assemblée consultative dresse un état des lieux des vulnérabilités de l’île et propose des pistes pour bâtir une société capable d’anticiper les crises, d’y résister et de s’y adapter.

La Réunion, territoire "sentinelle" face au changement climatique

L’île est en effet en première ligne face aux aléas naturels. Cyclones, inondations, mouvements de terrain, séismes, feux de forêts et éruptions volcaniques s’ajoutent aux risques industriels et technologiques, plaçant La Réunion dans une position de fragilité renforcée par le changement climatique. "Anticiper, coopérer et innover doivent devenir les fondations d’une nouvelle société réunionnaise, capable de protéger les générations futures tout en accompagnant la transition écologique", affirme le CESER, qui voit dans l’île un territoire "sentinelle" face aux bouleversements climatiques.

Si La Réunion a su développer, au fil de son histoire, une véritable culture de la gestion du risque, la multiplication et l’intensification des menaces en font aujourd’hui un "laboratoire du changement climatique". Pour le CESER, il ne suffit plus de se limiter à la gestion de l’urgence : il s’agit de placer la résilience au cœur des politiques publiques et des choix stratégiques, en inscrivant cette vision dans le long terme. L’objectif est clair : transformer les vulnérabilités en leviers d’action pour assurer à la fois le développement économique, social et environnemental du territoire. Comme le résume l’assemblée consultative, "La Réunion doit affronter l’inévitable et éviter l’ingérable".

17 recommandations pour renforcer la résilience

Afin de donner corps à cette ambition, le rapport avance 17 préconisations destinées à structurer une véritable politique publique de résilience. Elles concernent à la fois la gouvernance, la recherche, l’ingénierie et la mobilisation citoyenne. Le CESER appelle notamment à rétablir un Délégué interministériel aux risques majeurs Outre-mer (DIRMOM), afin de relancer la réflexion législative autour des risques naturels dans les territoires ultramarins. Il propose également de renforcer la coordination des politiques liées au risque, à l’adaptation climatique et à l’aménagement du territoire, en s’appuyant sur la Conférence Territoriale de l’Action Publique (CTAP). La recherche scientifique et l’ingénierie locale doivent par ailleurs être mobilisées pour transformer les avancées en solutions concrètes, tandis que les associations de quartier et les Réserves Communales de Sécurité Civile pourraient favoriser une plus grande participation citoyenne.

Le CESER insiste également sur la nécessité d’accompagner les entreprises dans leur adaptation aux catastrophes et au changement climatique, de développer un modèle de construction durable adapté au contexte tropical, de sécuriser les infrastructures stratégiques et d’intégrer systématiquement la question des risques dans les documents d’urbanisme. 

Enfin, il appelle les collectivités à renforcer leurs capacités en ingénierie de projet afin de mobiliser plus efficacement les financements disponibles pour soutenir la transition écologique et renforcer la résilience de l’île.

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