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La Réunion à l’UNESCO : "L’impression d’avoir travaillé pendant 50 ans pour rien"

Presque 10 ans après leur inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, les pitons, cirques et remparts de La Réunion pourraient bien perdre leur précieux label. C’est ce que craint René Robert, le géographe salazien qui a porté le dossier de notre île auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture : "On a l’impression que si on effaçait le patrimoine mondial de l’île, ça n’inquiéterait personne", regrette-t-il.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 26 juillet 2019 à 17H09

"Il y a un décalage entre un potentiel qui est riche et une réalité qui est pauvre. Avons-nous vraiment conscience de la richesse de notre île, celle qui a été reconnue par plus de 180 pays du monde ?" se demande René Robert.
 
Le géographe à la retraite fait partie de ceux qui ont constitué le remarquable dossier sur les paysages de La Réunion auprès de l’UNESCO. Si nos pitons, nos cirques et nos remparts sont depuis bientôt 10 ans classés patrimoine mondial, c’est en grande partie grâce à lui.
 
Mais cette réussite est aujourd’hui menacée. Aux côtés de Serge Camatchy, président de l’association Émergence Réunion, René Robert lance un cri d’alerte adressé à tous les acteurs responsables.
 
"Notre patrimoine mondial est aujourd’hui plus dégradé qu’il ne l’était lorsqu’il a été classé". C’est ce qu’avait déjà indiqué l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’organisme chargé d’évaluer la conservation des sites, dans leur [dernier rapport de novembre 2017.]urlblank:https://www.zinfos974.com/Unesco-L-etat-des-pitons-cirques-et-remparts-juge-tres-preoccupant_a121700.html

 

Ainsi, le site est passé de l’état de "bon avec quelques préoccupations" en 2014, à celui de "préoccupation importante" en 2017.
 
En mars 2018, L’ UICN adresse également un courrier au ministre de l’Environnement alors en poste, Nicolas Hulot, dans lequel l’organisme explique que : "[…] si rien n’évolue, la situation pourrait devenir rapidement critique, avec un risque de pertes irrémédiables des valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Cela pourrait conduire à un déclassement du site, avec des conséquences probables sur la notoriété et sur l’attractivité de ce territoire."
 
Dans cette lettre, l’UICN demande notamment au ministre d’intervenir auprès du Conseil régional de La Réunion "afin que tous les moyens nécessaires soient mobilisés".
 
 

 

"On a perdu déjà une étoile, et si on nous inscrit sur la liste rouge c’est qu’on a déjà un pied dans la tombe. Mais en réalité, ça ne gênerait pas grand monde", regrette le scientifique.
 
Sur le terrain, René constate que ce patrimoine est méconnu du plus grand nombre, et même de ceux qui habitent sur place. "En une demi-journée, je vous montre des choses à Salazie que vous n’avez jamais vu. Mais le gars qui doit faire la promotion de Salazie ne connaît pas lui-même la valeur de son site !"
 
Trop de paramètres empêcheraient aujourd’hui une véritable mise en valeur de ce patrimoine mondial: "Quelle est la seule chose que Salazie ne peut pas offrir ? Des places de parking ! Regardez le Voile de la mariée !" explique par exemple René Robert.
 
Et pour encourager un plus grand contrôle des espèces invasives, Émergence Réunion propose de considérer ces espèces dans la création de biomasse : "imaginez tous les emplois que cela pourrait créer !".
 
Voici quelques pistes qui devraient contribuer à trouver des solutions. Et il faudra les trouver rapidement car le temps presse : l’UICN devrait rendre son nouveau rapport dans les 3 prochaines années.

 

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