La mégafaune marine réunionnaise sous pression, SWIMM 2025 tire la sonnette d’alarme

Le rapport SWIMM 2025 alerte sur les impacts des activités humaines sur la mégafaune marine à La Réunion, des baleines aux tortues, et appelle à des mesures pour préserver ces écosystèmes fragiles.
Le rapport SWIMM 2025, publié le 20 mars 2026, a été réalisé grâce à la collaboration de plusieurs institutions et associations locales (Okeanos, Abyss, SEOR, ARBRE, Reef Check France et le club de plongée Scubananas). Il dresse un constat préoccupant sur l’état de la mégafaune marine à La Réunion, qui évolue dans un environnement de plus en plus soumis aux activités humaines, notamment sur la côte ouest de l’île.
Pression humaine : quand les bateaux dérangent
Sur la saison 2025 (1er juillet–30 septembre), le programme a mobilisé 53 sorties en mer, totalisé plus de 240 heures de prospection et parcouru près de 2 397 km, couvrant plus de 306 km² de surface observée. Dans un contexte de faible présence des baleines à bosse, les activités d’observation se sont largement reportées vers d’autres cétacés, principalement les dauphins. Le rapport décrit un « report d’interactions vers les dauphins » dans un contexte de moindre fréquentation des baleines.
Les interactions humaines ont des conséquences notables : dans 35 % des cas, un changement de comportement des animaux a été observé, et le rapport rappelle que « des perturbations répétées peuvent modifier » l’organisation des activités des cétacés, avec des effets potentiellement durables. La concentration des navires reste également préoccupante, avec jusqu’à dix embarcations recensées autour d’un même groupe d’animaux, alors que la réglementation impose des limites de co-présence.
Une cohabitation de plus en plus fragile
Les tortues marines sont particulièrement exposées, la majorité des observations se faisant en surface, ce qui constitue, selon le rapport, un « enjeu prioritaire de risque de collision en contexte de trafic ». Certaines zones, comme le Cap La Houssaye et le Sec de Saint-Paul, concentrent particulièrement les enjeux, où se superposent forte présence d’espèces, comportements d’importance écologique et pressions anthropiques.
Au-delà des interactions directes avec les bateaux, la mégafaune marine doit aussi composer avec des pressions moins visibles mais tout aussi dangereuses. Pollution plastique, bruit sous-marin et fréquentation touristique croissante s’ajoutent aux perturbations comportementales. Le rapport souligne que la mégafaune est « particulièrement sensible aux pressions cumulées », et que ces impacts peuvent modifier durablement les comportements de chasse, de déplacement ou de reproduction des espèces.
SWIMM 2025 met en garde : sans adaptation rapide des pratiques humaines, la cohabitation entre activités humaines et biodiversité marine pourrait devenir critique sur les côtes réunionnaises. Le rapport alerte sur une « dégradation progressive des équilibres » et recommande d’agir dès maintenant pour réduire la concentration des navires, encadrer l’observation des cétacés et protéger les zones sensibles afin de préserver l’avenir de ces espèces emblématiques.
Vous pouvez consulter ce rapport en ligne ici.


