La gauche souffre toujours du syndrome de “Bœuf mort”

Une certitude : à gauche le mal est fait. La liste “La Réunion en confiance” conduite par Didier Robert (UMP et Objectif Réunion), est désormais majoritaire à la Région Réunion pour au moins quatre ans. Et ce verdict, sorti des urnes à l'issue du second tour des Régionales, n'est ni le fait de la stratégie du PS, ni le fait de l'omnipotence de Paul Vergès et ni de la désunion de la gauche.
Le succès de la droite résulte de la seule dynamique déclenchée par un homme : Didier Robert. Elle est la principale raison de la victoire de son camp et de la défaite de la gauche. Personne ne peut dire aujourd'hui qu'une liste d'union à gauche aurait pu inverser les résultats, et certainement pas une simple addition automatique et mathématique du score de l'Alliance et du PS au premier tour.
Et même si cette addition s'était réalisée, l'union du PS et de l'Alliance aurait été seulement pour le pire et non le meilleur. Car ces deux partis de gauche n'ont cessé de se rabibocher, se trahir, se déchirer et se venger, souvent en faisant le bonheur de la droite. Depuis ces Régionales, c'est reparti pour un tour car le mal est profond.
“Le PCR a toujours tenté d'isoler le PS”
“Le PCR a toujours tenté d'isoler le PS”. Gilbert Annette a prononcé cette phrase le mardi 16 mars, à l'issue des prétendues négociations avec l'Alliance qui avaient échoué. Le premier secrétaire fédéral du PS, dit vrai. Le PCR a souvent voulu réduire la position du PS sur l'échiquier politique locale, à la portion congrue. Aujourd'hui, le PS souffre toujours du syndrome de “Bœuf mort”.
Cet épisode de la relation tumultueuse l'Alliance - PS : “Je t'aime moi non plus”, s'est déroulé lors de l'entre deux tours des Régionales 2004. Le PS souhaitait un partage équitable sur l'ensemble des sièges qui seraient gagnés par la gauche. Paul Vergès avait imposé comme préalable que la liste arrivée en tête au premier tour, gardait les 11 ou 12 sièges pour elle.
"Ni l'Alliance, ni le PS ne voulaient d'union"
Ce point de la discussion a amené Paul Vergès à rompre les négociations. Les socialistes présents autour du QG de l'époque de l'Alliance, à Bœuf mort, ont quitté les lieux, abasourdis et humiliés. Chez les communistes, tout le monde n'a pas non plus apprécié cet épilogue. Cette année-là, Paul Vergès a fait triompher l'Alliance.
Six ans plus tard, la gauche a réédité le syndrome de Bœuf mort, et avec en plus des coups “vache” post-électoraux. Car, ni l'Alliance, ni le PS ne voulaient d'union. Les discussions étaient pipées d'avance. Chacun avait préparé cette fois-ci à l'avance, ses prétextes, justifications ou raisons pour accuser l'autre en cas de défaite de la gauche.
Sur ce point au moins, l'Alliance et le PS ont bien manœuvré...


