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La croix de Pépé Irénée sera démolie… au nom du patrimoine « le plus ancien » ???

Correctionnelle Champ-Fleuri, mardi 12 mars :

Ecrit par Jules Bénard – le mercredi 13 mars 2019 à 22H39

Une décision qui pose mille questions

La croix de Pépé Irénée sera démolie… au nom du patrimoine « le plus ancien » ???

Pierre Irénée Elisabeth, malgré ses 75 ans, ne veut pas s’en laisser compter et parle, parle, même quand c’est pas son tour. Ce qui irrite parfois le président Molié, ça se comprend.

L’alerte pépé ne comprend pas qu’on veuille l’obliger à démolir « sa » croix, élevée dans un casse-contour du Chemin-des-Anglais, au-dessus de Grande-Chaloupe, na !

Une croix venue d’on-ne-sait-où

À ce que dit pépé Irénée, la croix litigieuse n’a pas été construite par lui. Elle « aurait » été édifiée par un illustre curé dont l’Histoire n’a pas retenu le nom, de la Possession, voici quelque 200 ans et des bricoles. « En mémoire des esclaves, des morts, des marins, du bon Dieu et de Ses prophètes ».

Admettons. Le drame dans toute son horreur est que la croix est édifiée sur le territoire du Parc National, lequel n’admet pas la moindre atteinte, fût-ce de quelques millimètres, à sa propriété exclusive. Et que, pour consolider la croix qui fichait le camp par rouilles et brisures, pépé a jugé bon de la consolider au moyen d’un socle en béton qu’il a entièrement construit de ses mains. Empiétant du coup sur quelques centimètres de dalles, lesquelles constituent l’essentiel de ce chemin pavé d’un bout à l’autre.

Pour ce faire, armé d’une foi inébranlable et soutenu par la seule force de ses bras et de ses jambes, le solide septuagénaire s’est attaqué à l’ouvrage. Jour après jour, mois après mois, il a transporté, de la ravine à Marquet jusqu’au-dessus de la Grande-Chaloupe, des dizaines et des centaines de sacs de sable, de gravier et de ciment. Plus les « charroyages do lo » indispensables au socle en béton qu’il voulait apporter au saint édifice.
Même le plus mécréant des incroyants (j’en connais au moins un tout près) ne peut qu’être saisi d’admiration devant l’efficience d’une si ardente foi.

Un « défenseur du patrimoine » bien mal informé

Notre vaillant pépé a effectué toutes les démarches « idoines et adéquates » (dixit un président Molié réjoui), à savoir qu’il a sollicité toutes sortes d’autorisations de construire. La mairie, le département, les Bâtiments de France, la direction de la Forêt, le Parc National et tous les saints du paradis. Même ces derniers ne lui ont JAMAIS répondu.

Lassé par une indifférence si méprisante, ti pas-ti pas, pépé a construit son socle. Et c’est en raison de son obstination que ces mêmes, qui l’avaient si superbement ignoré, venaient hier lui demander de démolir sa pieuse construction.
Ils lui sont tous tombés sur le paletot.

À commencer par le représentant du Patrimoine qui n’a pas hésité à mentir honteusement en parlant de « la plus ancienne construction historique de l’île » ! Rien que ça.

C’est pas à moi que tu vas balancer une telle énormité, camarade : si je laisse filer, Vax me tire les oreilles.

Contrairement à ce que dit ce représentant si peu au fait de la réalité historique, le « Chemin » ne date nullement du début des années 1700, mais 1800.

Avant, il y a eu : l’Hôtel du gouvernement, la Poudrière et le Fortin de la Redoute, les Mâts de Vigie de la Montagne, les bâtiments de la Compagnie des Indes à Saint-Paul, les canonnières de l’Étang-Saint-Paul, la Chapelle-du-Rosaire à Saint-Louis, qu’on me pardonne d’en oublier.

Il paraît que j’ai tort : ce digne homme n’a fait que se tromper. Je bats ma coulpe, soit. Mais quand on prétend défendre le patrimoine, on apprend ce qu’est ce patrimoine ! « Voyez plutôt avec Sainte-Agathe… »

Pépé avait annoncé, en outre, son intention ferme de construire au même endroit un Chemin-de-Croix avec ses quatorze stations et deux petites chapelles. Un peu beaucoup, ce qui explique que même notre digne évêque n’ait pas donné son accord à pépé Irénée. De là à le traiter « d’Illuminé »…

La procureur Séry a juste dit que si chaque Réunionnais se mettait en devoir de construire quelque chose dans le Parc, l’île serait vite défigurée. D’accord.

« Où ça mi tire ? »

Au moment où on s’y attendait le moins, le président Molié a éclaté de rire en ayant cette réflexion propre à dérider l’assistance : « Puisque vous vous y connaissez en construction religieuse, peut-être auriez-vous dû proposer vos services à la Plaine-des-Palmistes ? Voyez avec le maire… Comment s’appelle-t-il déjà ? Boyer ? »

Rien n’y a fait, pépé Irénée a été condamné à démolir le socle en béton et tant pis pour la croix. Et 2.000 euros d’amende avec sursis quand même ; plus une astreinte de 50 euros par jour si la démolition n’est pas effective dans les six mois. « Où ça mi tire ? » fut le seul commentaire de pépé.

Un fait reste angoissant, toute religion mise à part sinon celle du fric : la croix de pépé défigure le Parc national, c’est une affaire entendue. Et… les quelque 100 « grands ou petits Raids » passant par là chaque année, soit quelques centaines de milliers ou millions de battements de pieds à cadence élevée, ça ne dérange pas le Parc ? Ça n’abîme pas le Chemin-des-Anglais alors ?

« Mais non, monsieur le Contempteur. C’est excellent pour le tourisme ». 

Et pour le fric que ça rapporte à certains.


▶️ [Croix érigée sur le Chemin des Anglais: Reconnu coupable, le retraité devra remettre en état le site]urlblank:https://www.zinfos974.com/%E2%96%B6%EF%B8%8F-Croix-erigee-sur-le-Chemin-des-Anglais-Reconnu-coupable-le-retraite-devra-remettre-en-etat-le-site_a138254.html

 

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