La canne miracle laisse place à la crainte d'une nouvelle mauvaise récolte

"C'est une variété de canne qui a beaucoup d'avantages. On diminue facilement de 50% les intrants. On a une diminution des herbicides d'au moins 60%. Elle pousse tellement vite qu'elle ferme les interrangs, donc les herbes ne poussent plus. On fait un seul passage (pour la récolte NDLR) et c'est fini", explique Stéphane Lallemand, élu FDSEA à la commission CMU Grand-Bois. La canne 585 a donc l'avantage d'être plus écologique et économique pour les planteurs.
Le revers de la médaille
Pourtant, alors que Stéphane Lallemand vient de planter 3 hectares de la canne 585, le dernier épisode pluvieux a été une douche froide pour lui, au sens propre comme au figuré. Il a découvert que cette variété résiste difficilement aux épisodes de pluie et au vent. Conséquence, de nombreuses cannes se retrouvent couchées au sol. La canne, devenue lourde en se gorgeant d'eau, n'a pas résisté aux coups de vent.
Lorsque les cannes se retrouvent couchées au sol, les feuilles couvrent la tige qui se retrouve sans soleil, ce qui impacte le taux de sucre. Enfin, ce tas de cannes au sol provoque un autre problème d'ordre sanitaire. "On offre le gîte et le couvert aux rats", alerte Manuella Lauret, présidente des agriculteurs de Petite-Île, qui exploite une parcelle de 3 hectares.
De leur côté, les industriels ne perdent rien
Au sol, la canne qui s'est pliée va continuer à pousser, mais va prendre une forme bien loin de la rectitude originelle de la plante. Une différence qui va jouer lorsque les planteurs vont déposer leurs cannes aux industriels. En effet, les courbures de la tige vont ainsi éviter la sonde qui mesure la teneur en sucre qui, bien que plus élevée, va apparaître plus basse.
"Comment l'usine va tenir compte de ça ?", alerte de son côté Stéphane Sardon, le président de la FDSEA, qui espère que cette problématique soit intégrée au plan de relance actuellement à l'étude. Le syndicat a donc fait une demande pour un aménagement lors de la prochaine récolte. "En sachant que l'année dernière, c'était une très mauvaise campagne. Si on continue comme ça, on ne pourra pas se relancer et c'est un danger pour la filière", met-il en garde.


