Juliette Caranta-Pavard : Désobéisseuse-Peï…

¤ Désobéissance civile : Refus assumé de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique.
¤ Désobéisseur : Auteur d’une désobéissance civile (à ne pas confondre avec désobéissant…)
*Pour avoir beaucoup « désobéi » au cours de ma longue vie, je connais bien le sujet et la chose. ICI, à La Réunion, c’est l’assurance du prix fort à payer si l’on tente de se démarquer de la triste soumission – volontairement consentie – de cette société-otage, formatée pour continuer (hors esclavage…) à plier sous la force ; jusqu’à l’explosion…
*«Dan oui na point bataille » : c’est un des premiers messages-formateurs que j’ai reçus en arrivant ici ; à l’opposé de mes motivations professionnelles. Si aujourd’hui l’adage n’a pas été cité dans « Le créole de nos gramounes » (Le Quotidien du 05.11.16) il n’en reste pas moins bien ancré dans les mœurs du pays… mais j’en viens à « mon » affaire : Le scandale de la construction sans permis et celui de la fraude fiscale qui va avec – spécificités typiquement réunionnaises, avec omert à garantie.
*Après avoir – dès 2006 et sans discontinuer – vainement saisi toutes les autorités en charge de l’application des lois et règles de France (à partir de faits avérés, dûment constatés), sur l’existence de trois constructions édifiées sans permis de construire, autorisées par les maires de Saint Denis, s’ouvrant sur une fraude aux taxes locales, superbement « ignorée » par les services fiscaux ;
*Sensible à la discrimination que ces délits créent à l’égard des administrés scrupuleux et aux effets de ces manques à gagner sur les taxés d’«en-bas» ; indignée, incrédule, en découvrant la complicité des pouvoirs en faveur de cette corruption - devenue traditionnelle - je décidai de cesser de régler mes taxes foncières et habitation au Fisc ; les chèques correspondants étaient envoyés pour « consignation » à la Caisse des dépôts, au grand effarement de ses directeurs. (Je savais que la liste C.D.C. des sommes « consignables » n’avait pas pour mission d’encourager un acte de désobéissance civile…)
* Cet acte de résistance a mis mon « Prof » en joie : moqueur, mais aussi plein de compassion chrétienne devant tant de stupidité (qui consiste à subir la tourmente des A.T.D. et à payer systématiquement 10% de pénalités sur les sommes impayées !) – Contrairement à moi, mon « Prof », lui, est « intelligent », il sait comment bricoler ses murs au noir et…s’en vante !
*Moi, debout toujours, irréductible petit David face au Goliath-Peï plus Goliath que le vrai, j’ai tenu six ans. J’ai affronté, seule, tous les sévices dont dispose la Force brute des services de l’État pour imposer sa dictature punisseuse aux épris de Justice et de Liberté ; en ce pays de « non-lois » qu’est devenue La Réunion.
*J’ai voulu croire en un impossible miracle : que mon acte (ô combien citoyen !) finirait par interpeller quelqu’un du monde médiatique, syndical, associatif, religieux, « défenseurs » de ci ou de ça, etc…, etc… ; ils sont TOUS restés aux abris, à marmonner « Oui, oui, oui… »
« Se taire c’est trahir » disait Luther King. La trahison a été totale et le silence absolu. J’ai donc décidé de cesser mon action. La semaine dernière deux enveloppes estampillées « République Française » ont été postées, lestées de mes (très) gros chèques. Ils pourront contribuer au plaisir et au confort des incapables de nos collectivités, parasites et voyous à la fois. - http://corruption974.eklablog.com


