Il s'en est allé et tout le monde s'en fout et cela m'indigne !

Quel chanteur, quel créateur, pourtant ! Et, surtout, quel gentil camarade !
Clarel, Mauricien, était plus : un indianocéaniste de premier plan. Il se sentait chez lui partout, à Maurice, à Rodrigues, aux Seychelles, à Madagascar... et chez nous, où il est très souvent venu.
Il y a quelques décennies, Clarel a explosé les radios avec « Ti frère », hommage retentissant à l'une des figures du séga ravane mauricien.Pendant des mois et des mois, elle fut une des chansons ayant le plus fait danser les cow-boys du samedi soir, encore plus chez nous que dans son pays d'origine.
Clarel n'a jamais oublié ce qu'il estimait devoir à La Réunion, une renommée et des droits d'auteur intéressants. Après « Ti frère », il y eut « Amélie », autre titre phare. Outre ses chansons à succès, il reste de Clarel l'image d'un des plus gentils potes de la terre. Ce gars-là était la sympathie-même.
Par l'entremise d'André-Maurice, j'ai eu l'immense plaisir de lui parler. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, Clarel et moi, mais nous avons beaucoup échangé par téléphone interposé. J'ai été impressionné par son immense culture musicale... et la chaleur de sa voix.
Peu à peu, au hasard d'échanges téléphoniques, un début d'amitié s'est installé. Clarel, depuis longtemps, était en soins intensifs à Paris mais... n'embêtait jamais les autres avec ses soucis personnels. Il espérait ardemment s'en sortir et retrouver son public.
Il a disparu ce lundi 6 février, à l'âge de 72 ans. La cérémonie funèbre a eu lieu en l'église d'Anthony (Hauts-de-Seine). Clarel a été inhumé dans cette même commune.
Personne n'en a parlé ; quel immense artiste pourtant !
Salut l'artiste ! Tu n'es pas parti que tu nous manques déjà.
Nou artrouve in' d'ces quat' po tape in bèf ensemb'.
Ton ami Jules


