Jeux vidéo : Le savoir-faire réunionnais s'exporte au Gamescom

Ils sont huit, tous membres du collectif Bouftang, à faire leurs valises en direction de Cologne pour participer au prochain Gamescom, qui se tiendra du 21 au 25 août. « C'est la première délégation de La Réunion à ce salon international. Ce sera l'occasion de présenter les talents locaux », explique Arnaud Bru, président du collectif Bouftang.
Pour ce faire, ils ont tous été sélectionnés par Nexa, agence de l'innovation, après un appel à candidatures, dans une démarche menée en collaboration avec la Région et Business France. « C'est un salon incontournable. Le pavillon France accueillera 41 entreprises, dont 8 de La Réunion. Ce sera un véritable tremplin pour nos entreprises, leur permettant de montrer ce qu'elles savent faire. Nous sommes dans une démarche d'ouverture à l'international pour accompagner cette filière au cœur de cet événement crucial », précise Pascal Plante, président de Nexa et conseiller régional en charge de l'internationalisation.
L’industrie du jeu vidéo représente « un potentiel immense » pour La Réunion
Tout à construire
L'objectif est clair sur le papier. « Nous voulons ouvrir des perspectives pour le territoire, mais aussi renforcer les liens avec des partenaires extérieurs », poursuit Arnaud Bru. Mais sur le terrain, tout reste à construire, selon le collectif. « Nous vivons à La Réunion ce que la France a connu dans les années 80 », rappelle Giovanni Céleste du studio Dodorassik Game. La filière jeux vidéo de La Réunion compte 73 professionnels, dont la quasi-totalité opère sans salariés.
Pourtant, le jeu vidéo est le secteur culturel le plus lucratif au monde, avec un chiffre d'affaires de 220 milliards de dollars et des projections à plus de 300 milliards d'euros d'ici à 2027. Rien qu'en France, le secteur a généré 5 milliards d'euros. « Pendant ce salon, il sera plus facile pour nous de rencontrer des acteurs internationaux et nationaux de la filière », souligne Loïc Manglou de Blue Ramen Studios.
L'argent reste cependant le nerf de la guerre. Concevoir un jeu demande énormément de temps, d'énergie et de moyens. Localement, la frilosité des financements n'aide pas à se lancer dans le grand bain. En se rendant au Gamescom, les huit entrepreneurs espèrent convaincre des financeurs lors de rencontres B to B ou de pitchs. Des contacts ont déjà été établis en amont, et tout laisse à penser que le salon pourrait bien réserver des surprises. « C'est un point de départ. C'est une filière composée de professionnels très créatifs ; je pense qu'ils connaissent les problèmes qu'ont rencontrés les plus grands au début », ajoute Pascal Plante.
"Pourquoi pas un Ubisoft réunionnais"
Le collectif Bouftang rêve de voir grand pour l'industrie du jeu vidéo réunionnais, n'hésitant pas à faire le parallèle avec la filière animation réunionnaise, partie de rien et aujourd'hui reconnue au niveau international. « Structurer cette filière, c'est créer de la valeur ajoutée, créer de l'emploi. Nous y croyons fortement. Il faut un véritable studio endémique, mais aussi attirer un grand studio à La Réunion, pourquoi pas un Ubisoft réunionnais ? », rapportent les membres du collectif.
La volonté des acteurs est là ; il ne reste plus qu'à espérer que les démos de jeux présentées par l'un des huit membres du collectif fassent mouche auprès de financeurs, studios, business angels...
Le Gamescom 2024 se tiendra à Cologne du 21 au 25 août. Ce salon est une référence mondiale pour les jeux vidéo.


