Ivre, sans permis et dans une voiture volée : "Il y avait les clés dessus, alors je suis parti avec"

Un homme de 39 ans comparaissait ce mercredi 18 décembre devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de vol et de refus d'obtempérer. Il devait également répondre de conduite sous l'empire d'un état alcoolique.
Jérémie C. circule dans les rues de Saint-Denis le 17 décembre dernier lorsqu'il croise un véhicule de police qui constate qu'il circule sans feux avant. Les policiers le suivent et lui indiquent, par l'utilisation du deux-tons, qu'il doit s'arrêter. Le conducteur prend la fuite. Les forces de l'ordre constatent le véhicule abandonné un peu plus loin qui s'avère être déclaré volé depuis le 30 octobre dernier. Le conducteur est finalement retrouvé un peu plus loin et interpellé. Il est testé à un taux de 1,26 g/l d'alcool dans le sang.
"Il y avait les clés dessus, alors je suis parti avec"
Les investigations de garde à vue mettent en évidence que le prévenu a volé le véhicule dans un dépôt-vente. Selon ses dires, "il y avait les clés dessus, alors je suis parti avec". À la barre, il tente de faire croire qu'il n'a roulé avec le véhicule qu'une fois, le soir de son interpellation, car "il n'y avait pas d'essence dedans". Et d'ajouter : "Je n'ai pas les mots", pour ne pas se justifier. La présidente lui rappelle qu'en plus de n'avoir pas de permis de conduire, il est en récidive pour des faits identiques. Comble de l'ironie, il avoue qu'il avait un rendez-vous en addictologie quelques heures plus tôt.
"Connu de la justice depuis 18 ans pour les mêmes faits"
Le parquet, après avoir rappelé les 13 mentions au casier du prévenu, insiste sur les "tracas administratifs énormes dans lesquels la victime se trouve" par sa faute. La procureure note "un homme ancré dans un schéma de délinquant", déjà "connu de la justice depuis 18 ans pour les mêmes faits". "Il n'a pas la volonté de changer", conclut la magistrate qui requiert 6 mois de prison, plus 3 mois pour le refus d'obtempérer, la révocation de 3 mois du sursis précédent ainsi qu'un mandat de dépôt.
La défense note que les "faits sont reconnus", mais regrette que "faute de délai, il ne peut attester d'un justificatif de domicile pour un aménagement de peine". La robe noire insiste sur "la nécessité de le contraindre à des soins afin d'empêcher le renouvellement de l'infraction".
Après délibération, le tribunal condamne le prévenu à 4 mois de prison, 2 mois de plus pour le refus d'obtempérer, prononce la révocation de 3 mois de sursis, une amende de 300 euros pour conduite sans assurance majorée de 50% et un mandat de dépôt.


