Indice de la faim : Madagascar parmi les 6 pays en situation alarmante dans le monde

De nombreux pays connaissent un niveau sans précédent d’insécurité alimentaire. Notre voisin Madagascar figure parmi les six pays les plus mal classés du Global hunger indice 2024.
L’objectif « Faim Zéro » d’ici 2030 apparaît désormais inatteignable. C’est la conclusion du rapport 2024 du Global hunger indice (GHI) publié à la mi-octobre par l'agence allemande Welt Hunger Hilfe (WHH). La faim demeure à un niveau grave ou alarmant dans 42 pays. Parmi eux, six pays restent à un niveau alarmant : le Burundi, le Tchad, la Somalie, le Soudan du Sud, le Yémen et Madagascar.
Le Global hunger indice attribue à la Grande Ile une valeur de 36,3 dans sa méthode de catégorisation, ce qui classe Madagascar parmi les six pays présentant un niveau « alarmant » de malnutrition.
Dans trente-six autres pays, la faim est considérée comme grave. De plus, beaucoup de pays régressent : dans vingt-deux pays ayant un score de GHI de 2024 modéré, grave ou alarmant, la faim a progressé depuis 2016. A l'inverse, un petit nombre de pays, dont le Bangladesh, le Mozambique, le Népal, la Somalie et le Togo, ont amélioré leur score de GHI de manière significative, même si le niveau de faim dans ces pays reste trop élevé.
Le GHI permet de catégoriser et de classer les pays sur une échelle de 100 points : les valeurs inférieures à 10,0 indiquent un niveau de faim « faible », les valeurs entre 10,0 et 19,9 représentent un niveau de faim « modéré » et les valeurs allant de 20,0 à 34,9 indiquent un niveau de faim « grave ». Enfin, les valeurs comprises entre 35,0 et 49,9 reflètent un niveau de faim « alarmant », et celles supérieures à 50,0 un niveau de faim « extrêmement alarmant ».
Le classement réalisé par le GHI est rendu possible grâce à la compilation de quatre indicateurs que sont la sous-alimentation, le retard de croissance, l’émaciation infantile (c’est-à-dire le faible poids par rapport à la taille) et la mortalité infantile.
Les progrès dans la lutte contre la faim sont en stagnation
Pour son rapport 2024, le WHH a collecté des données de 136 pays. Ces données proviennent de sources officielles de l’ONU, de l’Organisation mondiale de la santé, de l’UNICEF, du Groupe inter-institutions des Nations unies pour l’estimation de la mortalité infantile, de la Banque mondiale et du Programme d’enquêtes démographiques et de santé.
Au cours de la dernière décennie, les résultats montrent un ralentissement inquiétant du recul de la faim dans le monde. La valeur du GHI de 2024 est de 18,3 pour le monde entier, une valeur considérée comme « modérée », et légèrement inférieure au score de 2016. Cette valeur cache de grandes disparités régionales. La situation est particulièrement critique en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, où la faim se maintient au niveau « grave ».
Globalement, l’objectif « Faim Zéro » d’ici 2030 apparaît désormais inatteignable. Si la progression se poursuit au rythme observé depuis le score GHI de 2016, le monde n’atteindra pas un niveau faible avant 2160, soit dans 130 ans, conclut le rapport.





