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Il y a 66 ans, la Réunion devenait département français

Ecrit par zinfos974 – le lundi 19 mars 2012 à 18H09

19 mars 1946/19 mars 2012 : 66 années nous séparent de la Loi n° 46-451 du 19 mars 1946 érigeant les colonies françaises d'Outre-mer en départements français.

Aimé Césaire en est le rapporteur à l'Assemblée nationale constituante (source : [Assemblée nationale]urlblank:http://www.assemblee-nationale.fr/index.asp ). Il avait été choisi comme le plus jeune des députés des quatre futurs départements élus le 21 octobre 1945. Plusieurs de ses collègues d'Outre-Mer, dont Gaston Monnerville, Raymond Vergès, Paul Valentino et Gabriel d'Arboussier et quelques autres prirent part également aux débats du 12 et du 14 mars.

Aimé Césaire estime dans le rapport qu’il présente alors au nom de la commission des territoires d'outre-mer que "les Antilles et la Réunion ont besoin de l’assimilation pour sortir du chaos politique et administratif dans lequel elles se trouvent plongées. (…) La raison en est que presqu'aucun effort n’a été fait pour assurer au travailleur antillais ou réunionnais un statut économique et social en harmonie avec le statut politique dont il jouit depuis un siècle."

Il souligne, en effet, devant la première Assemblée constituante, le 12 mars 1946, que la loi de départementalisation, au-delà de l'assimilation, est d'abord une loi sociale, d'égalisation des droits sociaux.

Des divergences dans les rangs des députés des colonies

"Ce dont il s'agit aujourd'hui, c'est, par une loi d'assimilation, mieux d'égalisation, de libérer près d'un million d'hommes de couleur d'une des formes modernes de l'assujettissement (applaudissements)" dira Aimé Césaire.

Mais les députés ne présentèrent pas un front uni. Paul Valentino, député socialiste de la Guadeloupe, demanda que l'assimilation, qu'il approuvait, ne fût pas poussée trop loin. Il fallait respecter, et même accroître, les pouvoirs des assemblées locales. Les amendements qu'il déposa en ce sens furent rejetés ou retirés, mais ils témoignèrent d'une certaine contradiction, qui devait marquer la suite de l'histoire. Les intervenants souhaitaient bien l'assimilation, mais rejetaient un alignement total sur la métropole, et ce rejet alimentera les futures tendances autonomistes.

Aimé Césaire, appuyé par Gaston Monnerville et Raymond Vergès, estima qu'il fallait créer l'irréversible en votant l'assimilation sans attendre. L'étude des modalités suivrait. Et effectivement, la loi du 19 mars 1946 préciseront bien que "les lois et décrets actuellement en vigueur dans la France métropolitaine et qui ne sont pas encore appliqués à ces colonies feront, avant le 1er janvier 1947, l'objet de décrets d'application à ces nouveaux départements". Dans les faits, l'alignement en infrastructures avec les autres territoires de métropole se comptera en dizaines d'années.

 

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