Il vole un scooter et se fait molester pendant deux heures

Un jeune homme de 22 ans comparaissait ce lundi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour vol et tentative de vol. Suite à ces faits, une expédition punitive a été organisée par les amis de la victime qui, après avoir retrouvé l'auteur, lui ont fait passer un sale quart d'heure.
Les faits se sont produits dans la nuit du 3 au 4 décembre dernier à Saint-Denis. Que s'est-il passé dans la tête de Benjamin Q. ce soir-là ? Comme il l'indique devant le tribunal, "je n'ai pas pu retenir mon calme, car j'ai subi des pressions". Ce qu'il veut dire, c'est qu'il venait de perdre son stage de formation en raison de son passé judiciaire. Ne voyant plus d'issue, il est sorti des chez sa petite amie et est parti voler dans une maison du quartier. En effet, à tout juste 22 ans, son casier fait état de 14 mentions dont 12 pour des vols.
Ce soir-là, il pénètre dans une maison en escaladant le portail et tente de voler un vélo. Il n'y parvient pas, car la roue avant est abimée. Il passe alors dans la maison d'à côté. Il pénètre à l'intérieur et prend des clés de la voiture, puis estime qu'elle est trop grosse pour lui. Il se rabat sur le scooter qui est dans la cour. Il part avec le deux roues, les clés de voiture et des cigarettes. Par chance pour les propriétaires, tout est immortalisé par des caméras de surveillance. Le lendemain, une plainte est déposée. Pour autant, les amis du propriétaire se mettent en quête de retrouver l'auteur du larcin.
Il est molesté pendant près de deux heures
C'est chose faite le 4 décembre vers 14 heures en raison de la publication sur les réseaux sociaux du visage du voleur. Il est molesté durant près de deux heures avant que la BAC, appelée, n'intervienne. Il est interpellé dans un sale état, soigné puis placé en garde à vue. Ses agresseurs font l'objet d'une procédure incidente initiée par le parquet de Saint-Denis. À la barre ce lundi, on voit encore les stigmates de la violente agression qu'il a subie. C'est d'ailleurs avec humilité et conviction qu'il présente ses excuses à la victime présente à l'audience.
"Il a volé la moto d'un travailleur, je veux qu'il comprenne", indique avec vigueur le propriétaire du scooter et d'ajouter : "Je ne veux rien, si ce n'est pouvoir dormir tranquille chez moi". La procureure entame ses réquisitions en rappelant l'état de son casier judiciaire, tout en insistant sur le fait qu'il s'agit d'un "jeune inséré". Selon la magistrate, "la sanction doit être à la hauteur de son casier", mais insiste sur un point : "Nul ne peut se faire justice, les auteurs seront identifiés et jugés". Elle requiert 12 mois de prison avec mandat de dépôt à l'audience.
"C'est un dossier tristement banal, mais atypique", répond la défense. La robe noire insiste pour autant sur les raisons de ce geste : "L'explication plausible est qu'il a perdu son contrat d'apprentissage, car c'est un délinquant. C'est pour cela qu'il était en colère. C'est un comportement stupide et non prémédité. Il pense qu'il ne peut rien faire d'autre", poursuit la défense qui conclut : "Même si c'est inacceptable, un passage à tabac, ça laisse des traces. Il a compris pourquoi ils lui ont fait ça, il ne recommencera pas de si tôt. Je vous demande une peine assortie d'un suivi sans mandat de dépôt".
Au final, le tribunal, en raison des antécédents du prévenu, prononce une peine de 18 mois de prison assortie d'un mandat de dépôt à l'audience.


