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"Il ne faut pas me prendre pour le perdreau de l'année" : Jean Gaël Anda Sita explique la fusion impossible avec K/Bidi

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mardi 17 mars 2026 à 20H53

À l'issue du dépôt des liste pour le second tour des municipales à Saint-Pierre, Jean-Gaël Anda Sita sort du silence pour confirmer qu'il ne renonce pas et expliquer pourquoi aucune fusion n’a été trouvée avec Emeline K/Bidi. Dans un contexte de campagne sous tension, le candidat revendique un choix “de cohérence” et dénonce des négociations biaisées dès le départ.

Tout commence, selon lui, dès le soir du premier tour. “Elle m'a appelé dimanche soir à 19h26”, insiste-t-il, rejetant toute responsabilité dans l’initiative des discussions. Une rencontre est organisée à sa demande, au cours de laquelle la candidate lui propose une fusion, assortie de promesses de postes. " Cela fait quand même quelques années que je suis engagé en politique. Il n'y a jamais eu de maire de Saint-Pierre qui laisserait la présidence de l'intercommunalité. Donc il faut pas non plus me prendre pour le perdreau de l'année."

Mais c’est surtout le lendemain matin que la rupture se consomme. “Je découvre qu'elle s'était fendue d'un grand communiqué en disant que Jean-Gaël voulait être la tête de liste et qu'il voulait imposer le RN. J'ai jamais voulu imposer le RN ou qui que ce soit.”, affirme-t-il. Un épisode qu’il considère comme une première marque de défiance.

L’ancrage saint-pierrois au cœur du désaccord

Une seconde rencontre est malgré tout organisée, mais les positions restent inconciliables. Jean-Gaël Anda Sita défend alors une ligne claire : pour lui, les électeurs attendent un candidat enraciné localement.

Il évoque un attachement “à un ancrage territorial”, estimant qu’un maire doit être issu de la ville qu’il dirige. Pour illustrer son propos, il interpelle directement son interlocutrice : “Suppose deux secondes que je sois le député de la 4e circonscription et qu'ensuite je décide de venir me présenter à Saint-Joseph. Est-ce que tu penses que les Saint-Josephois l'auraient accepté ?” Un argument balayé par un colistier avec un "comparaison n'est pas raison."

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Un argument qu’il juge central dans l’équilibre du second tour, d’autant plus que le faible écart entre les deux candidats mérite cette considération selon lui.

Colistiers RN ou LFI : un échange frontal

Autre point de friction : la composition des listes. Emeline K/Bidi lui reproche la présence de deux colistiers issus du Rassemblement national.

“Elle me fait ce reproche, mais je lui ai immédiatement rétorqué que sur sa liste, elle avait aussi des représentants de la France insoumise”, explique-t-il. Il se dit alors surpris par la réponse de la candidate, prête selon lui à écarter ses propres colistiers. “Moi je tranche dans le vif (…) je peux les virer”, lui aurait-elle lancé.

Une méthode qu’il rejette fermement : “On n'agit pas comme ça avec des colistiers. C'est quoi cette façon d'agir ?”

Refus de “se vendre” et fidélité aux colistiers

Au-delà des désaccords politiques, Jean-Gaël Anda Sita met en avant une ligne de conduite personnelle. Il affirme avoir refusé toute négociation qui aurait impliqué de “se vendre” ou de trahir ses engagements.

“Il était hors de question que je fasse des accords d'arrière cuisine”, martèle-t-il, revendiquant une fidélité à ses colistiers et à ses électeurs. Il insiste également sur la responsabilité qu’il estime avoir envers les agents municipaux et les militants qui l’ont soutenu. “Moi je pense aux gens, aux électeurs qui se sont prononcés pour nous”, ajoute-t-il, défendant une campagne “dans le respect” et sans attaques personnelles.

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"Je pense que sa finalité était de me rencontrer à quelques reprises en sachant très bien qu'il n'y aurait pas eu d'accord. Pour gagner du temps pour ensuite me diaboliser à l'issue de ces tractations et négociations", conclut-il

Un appel clair contre La France insoumise

Désormais engagé dans une triangulaire, le candidat recentre son discours sur un enjeu qu’il juge majeur : empêcher l’arrivée de La France Insoumise à la tête de la commune.

“Il y a un danger quand même (…) il ne faut pas que notre belle ville de Saint-Pierre tombe dans le giron de la France insoumise”, alerte-t-il, évoquant des préoccupations liées à la sécurité et à la délinquance sur fond de montée de la drogue.

"Tout en assumant son maintien, Jean-Gaël Anda Sita affirme vouloir mener une campagne tournée vers “les projets” et “l’intérêt de la ville”. "J'en suis à ma troisième campagne et jamais, vous m'entendez bien, jamais je ne vendrais Saint-Pierre ! C'est ma ville, ma commune, là où je suis né."

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