Revenir à la rubrique : Politique

Municipales à Saint-Pierre : union impossible entre K/Bidi et Anda Sita, avantage confirmé pour Lorion

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mardi 17 mars 2026 à 18H20

Alors que la date limite du dépôt des listes pour le second tour est terminée, la campagne municipale à Saint-Pierre se tend. Si David Lorion avance avec confiance, Emeline K/Bidi et Jean Gaël Anda Sita ont échoué à s’unir, laissant planer le spectre d’une triangulaire favorable au maire sortant.

La soirée électorale de dimanche dernier à Saint-Pierre s’est figée autour d’un constat : David Lorion aborde ce second tour en position de force. Avec 44,33 % des suffrages au premier tour, le maire sortant dispose d’une avance nette qui lui permet de voir l'avenir sereinement. Dans son camp, le ton est à la confiance, presque à la projection. Le candidat assume son statut de favori et mise désormais sur une dynamique de rassemblement.

Lire aussi : Municipales à Saint-Pierre : "cette belle histoire d'amour va s'écrire avec nous" selon David Lorion, largement en tête

Devant ses militants, il a insisté sur l’écart creusé avec ses adversaires, estimant pouvoir aborder « le second tour sans difficulté ». Une manière de poser le rapport de force dès le début de l’entre-deux tours. L’objectif est désormais clair : élargir encore son socle, en attirant les électeurs des listes éliminées et les abstentionnistes. Une stratégie classique, mais qui prend ici un relief particulier face à une opposition divisée.

Dans ce contexte, chaque jour qui passait sans accord entre ses adversaires a renforcé mécaniquement sa position. Et à l’heure du dépôt des listes, la configuration semble lui être plus que favorable.

K/Bidi – Anda Sita : la fusion impossible

En face, les espoirs d’union se sont rapidement fracassés. Emeline K/Bidi, arrivée deuxième, avait pourtant tendu la main dès le soir du premier tour en appelant à une union « des forces de gauche et de progrès ». Mais les discussions engagées avec Jean-Gaël Anda Sita ont tourné court.

Dans son communiqué, la députée dénonce des exigences « choquantes et incompréhensibles », estimant que son adversaire aurait voulu prendre la tête d’une liste commune malgré son score inférieur. Elle y voit une remise en cause du choix des électeurs et affirme rester « fidèle à ses valeurs », tout en appelant les opposants à David Lorion à se rassembler derrière sa candidature.

Une version immédiatement contestée par le camp Anda Sita. Dans leur réponse, ses colistières Brigitte Hoarau et Séverine Ferrante évoquent au contraire des conditions imposées par Emeline K/Bidi, notamment sur la composition de la liste et l’exclusion de certains noms. Elles affirment que des concessions avaient été envisagées, mais que l’accord final ne permettait pas un rassemblement « équilibré et respectueux ».

Les deux camps se renvoient désormais la responsabilité de l’échec. D’un côté, une union jugée impossible en raison d’ambitions personnelles. De l’autre, un accord considéré comme déséquilibré. Résultat : aucune fusion, et une triangulaire qui est désormais inévitable.

Emeline K/Bidi a confirmé le dépôt d’une liste inchangée, assurant que Jean-Gaël Anda Sita avait « persisté » à vouloir être tête de liste. Elle affirme également que des militants d’autres listes commencent à la rejoindre. De son côté, Jean-Gaël Anda Sita maintient sa position, au nom d’un rassemblement qu’il juge plus respectueux de ses équipes.

Ruth Dijoux ne cherche pas de fusion, silence des autres

Dans cette équation, les candidats éliminés auraient pu jouer un rôle clé. Mais là encore, les lignes n’ont pas bougé. Ruth Dijoux, arrivée quatrième, a choisi de ne pas entrer dans une logique de fusion ni de consigne de vote.

Dans son communiqué, elle explique qu’elle a décidé de « faire confiance » à ses électeurs pour le second tour, estimant ne pas disposer d’un poids suffisant pour orienter les négociations. Une position d’équilibre, qui traduit aussi l’échec des tentatives d’union en amont du scrutin.

Pour les autres candidats, aucune prise de position claire n’a été rendue publique à ce stade. Seul Raymond Vimbaye avait appelé à une fusion entre les deux opposants, mais soutient K/Bidi en cas d'échec des négociations.

Une triangulaire qui profite au sortant

À quelques jours du second tour, la situation semble donc clarifiée : trois blocs, aucune fusion, et des tensions persistantes entre les deux challengers. Une configuration qui, sauf surprise majeure, avantage clairement David Lorion.

Car en l’absence d’union, les voix de l’opposition risquent de se disperser. Et dans un scrutin municipal, une telle division peut s’avérer décisive. Le maire sortant, lui, avance sans avoir à forcer, observant ses adversaires s’enliser dans leurs désaccords.

La question n’est désormais plus tant de savoir s’il est en position de gagner, mais de mesurer l’ampleur de cette victoire possible. À Saint-Pierre, l’entre-deux tours a déjà donné une première réponse.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :