Il frappe sa compagne, s'évade et tente de mettre fin à ses jours

Arrêté pour violences conjugales en récidive, Michaël V. a tenté de s’évader alors qu’il était conduit chez SOS Médecin en début de semaine. Malgré une interdiction de contact avec son ex-compagne, il l’aurait agressée avant d’être interpellé.
Arrêté le 7 février après une intervention de la police pour violences conjugales, Michaël V., 44 ans, s’est illustré par une tentative d’évasion. Alors qu’il était conduit chez SOS Médecin, il a profité d’un moment d’inattention pour s’enfuir du véhicule. Il a finalement été retrouvé par les forces de l'ordre. Face au tribunal correctionnel de St-Denis, il a justifié son geste par un profond désespoir, affirmant qu’il voulait mettre fin à ses jours, accablé par sa séparation avec son ex-compagne.
Une interdiction de contact violée
Les faits de violences se seraient produits la veille de son évasion. Bien qu’il lui soit interdit d’entrer en contact avec son ex-compagne, il s’est rendu chez elle et l’a agressée. Selon la victime, il lui aurait sauté dessus, la plaquant au sol avec un genou sur la gorge avant de la gifler.
Interpellé sur place, Michaël V. a d’abord affirmé qu’il ne faisait que répondre aux violences de sa compagne, qui l’aurait contacté malgré l’interdiction judiciaire. Plus tard, il modifie sa version, expliquant qu’ils seraient simplement tombés au sol ensemble lors d’une altercation. Il affirme être venu uniquement pour voir son fils, préoccupé par la consommation de drogue de la mère de l’enfant.
Le quadragénaire n’en est pas à sa première condamnation. Entre 2001 et 2022, son casier judiciaire mentionne 17 condamnations pour vols, infractions routières et, plus récemment, des violences conjugales en 2022. Lors de l’audience, il évoque une enfance difficile, marquée par des maltraitances infligées par son beau-père, ce qui a conduit à son placement.
Une victime sous pression
Face au tribunal, la victime décrit une situation qui s’envenime depuis trop longtemps. Elle assure ne plus se sentir en sécurité, déclarant que Michaël V. ne cesse de la harceler et qu’il l’a même appelée après son évasion pour lui dire qu’il allait se suicider. « Aujourd’hui, j’ai peur de vivre chez moi. Je ne sais plus où aller. » Elle demande la mise en place d’un bracelet anti-rapprochement pour se protéger.
À son tour, le parquet dénonce un acharnement du prévenu, pointant son comportement obsessionnel : « Il la traque avec un sentiment de toute-puissance. Il agit en public, ce qui est d’autant plus inquiétant. Plus rien ne le retient. » Il requiert un suivi avec obligation de soins, une interdiction de contact et de paraître pendant trois ans, ainsi que le port d’un bracelet anti-rapprochement.
La défense conteste la version des faits
L’avocate du prévenu appelle à prendre du recul sur cette affaire. Elle souligne des incohérences dans les témoignages et insiste sur le fait que la victime n’a présenté aucune incapacité totale de travail (ITT) et qu’elle ne semblait pas effrayée lors de sa consultation médicale.
« Il faut éviter de juger ces affaires de violences avec une approche automatique. Tout n’est ni tout blanc, ni tout noir. Il y a des nuances dont vous devez tenir compte. » La défense demande donc la relaxe pour les faits de violences, tout en reconnaissant l’évasion. Mais le tribunal n'a pas retenu ses éléments et a considéré que l'intéressé était coupable de tous les faits reprochés.
La peine de 18 mois de prison dont neuf avec sursis probatoire a été prononcée auxquels s'ajoutent trois mois supplémentaires pour l'évasion. Pendant sa détention, Michaël V. a interdiction d'entrer en contact avec la victime et devra suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales.
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