"Il faut protéger la société de cet homme très dangereux" : au procès d’Abraham Bomela, la parole aux parties civiles

Au quatrième jour du procès de la tuerie de La Possession, les débats ont laissé place aux plaidoiries des parties civiles. Evoquant "des scènes épouvantables" et un accusé "sans beaucoup d'humanité", elles demandent une peine à même de "protéger la société".
Au bout de débats longs et denses, c’est au tour des avocats des parties civiles de prendre la parole jeudi 19 février, au procès du périple criminel d’Abraham Bomela. Représentant les proches des personnes tuées le 28 octobre 2023 à La Possession comme celles qui ont survécus au déchaînement de violence, tous ont exprimé "la souffrance" de leurs clients face à "l’horreur" des faits, et leur stupéfaction face à "l’absence totale de regrets" de l’accusé.
"Un vide immense"
À commencer par l’avocat des parents de la petite Lorane, tuée à l’âge de cinq ans. "Elle laisse un vide immense pour ses parents qui n’avaient pas eu la vie facile, et pour qui cette petite fille câline, rigolote, attentionnée, représentait un nouveau souffle", décrit Me Laurent Payen.
Même douleur aussi pour la famille d’Edith Bomela, 69 ans, tuée par son propre fils alors qu’elle était "celle qui l’aimait le plus au monde". "Avec l’amour d’une maman, elle n’a jamais pensé qu’il pourrait s’en prendre à une enfant. Mais elle avait toujours été seule à gérer sa colère, ses violences, et restait cloitrée avec lui", retrace Me Marie Briot, jusqu’à cette "scène épouvantable" du 65, chemin Bœuf Mort.
"Logique meurtrière"
L’avocate plaide à présent "pour une famille terrorisée, et à raison, par un homme qui continue à les rendre responsables de ses crimes et qui pourrait recommencer car rien ne l’arrête, rien ne le touche."
Pas même les suppliques d’un inconnu "petit, malingre, sans défense", rappellent les avocats des proches de Joé Bréda, l’agent d’entretien tué dans l’agence du Crédit Agricole. "Il s’est retrouvé face à l’agressivité, la méchanceté de cet homme et lui a demandé pardon, dans l’espoir d’être épargné, de trouver chez lui un zeste d’humanité", illustre Me Jean-Jacques Morel.
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Au lieu de ça, Abraham Bomela a poursuivi "dans sa logique, son envie meurtrière. Plus rien ne pouvait l’empêcher", enchaîne Me Chantal Laguerre, choquée par "la froideur de l’accusé, qui a confirmé que si c’était à refaire, il referait pareil."
"Ça aurait pu être vous ou moi"
Y compris pour ces proies glanées au hasard de sa route, chemin Bœuf Mort ou sur le parking de Leclerc, avec sa Twingo employée "comme une arme". "La veille ou le lendemain, ça aurait pu être vous ou moi", rappelle Me Guillaume Motos aux jurés, regrettant "le peu d’humanité montrée dans le box" et leur demandant "une décision sévère mais juste" alors que son client, fauché par la Twingo d’Abraham Bomela, a vu "sa vie chamboulée".
Des victimes "vivantes mais pas indemnes", pour qui "il y a un avant et un après ce 28 octobre 2023." "Une tentative d’assassinat ne laisse pas que des traces physiques, il y a aussi ce syndrome de stress post-traumatique et des séquelles à vie", souligne Me Mélanie Thieffry, conseil du deuxième homme renversé sur le parking.
"Donnez leur la reconnaissance qu’ils n’ont pas eu"
"Ces victimes n’ont pas trouvé la reconnaissance de leur souffrance dans les yeux de M. Bomela, vous devez leur donner", plaide encore l’avocate.
Outre cette reconnaissance, les parties civiles demandent à la cour, à l’image de Me Briot, "une peine qui protège la société de cet homme très, très dangereux."
L’audience reprend ce vendredi 20 février avec le réquisitoire de l’avocate générale et la plaidoirie de la défense. Un verdict est attendu dans la soirée.


