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Procès d’Abraham Bomela : le traumatisme des survivants, les timides regrets de l’accusé

Ecrit par S.G. – le jeudi 19 février 2026 à 09H41
Les survivants du périple meurtrier d'Abraham Bomela témoignent devant la cour.

Retraçant les diverses étapes du périple meurtrier d’Abraham Bomela le 28 octobre 2023 à La Possession, la cour d’assises a entendu les multiples victimes de l’homme à la Twingo, toujours sous le choc de ce déchaînement de violence aveugle.

Ils défilent à la barre les uns après les autres, et apparaissent toujours profondément marqués par les scènes vécues ce tragique 28 octobre 2023 à La Possession. Mardi 17 et mercredi 18 février, la cour d’assises a entendu plusieurs des victimes d’Abraham Bomela, celles qui n’avaient rien à voir avec la vindicte dirigée contre sa famille et qui ont eu le malheur de croiser son chemin.

 Des hommes touchés dans leur chair comme Josélito V., le joggeur fauché chemin Bœuf Mort, ou François L., le fleuriste percuté et projeté sur trois mètres sur le parking du supermarché Leclerc alors qu’il négociait des plantes avec un client près de sa voiture.

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"Il faut bien continuer à vivre…"

Cet amoureux de la nature, qui n’a rien vu de la scène puisqu’il a perdu conscience immédiatement après le choc, souffre toujours de douleurs à la jambe et n’a pas retrouvé l’odorat depuis le traumatisme crânien qu’il a subi.

"Il faut bien continuer à vivre, mais au travail, c’est plus pareil. Et puis j’ai peur de mes réactions si je me sens agressé", explique-t-il, alors que les médecins ont identifié un syndrome dépressif consécutif aux faits.

Pour toutes ces victimes, mêmes celles qui n’ont pas de séquelles physiques, c’est le retentissement psychologique de l’affaire qui impressionne.

"Il m'a visé, comme aux autos tamponneuses"

"Il m’a visé et a foncé, comme aux autos tamponneuses" relate le motard percuté dans le rond-point par la Twingo d’Abraham Bomela, et qui ne doit son salut qu’à son réflexe salvateur de sauter de sa moto au moment du choc. Des mois plus tard, l’homme souffre encore "d’hypervigilance" et se souvient du "regard déterminé" de l’accusé.

"Son regard était vide"

Comme cet homme, présent sur le parking du Leclerc au moment de l’impact sur le fleuriste et son client. « Je pensais qu’il allait partir, mais il est revenu vers l’homme à terre, puis vers moi. Son regard était comme vide. J’ai eu le réflexe de me sauver pour éviter qu’il me renverse », raconte le jeune homme.

Des témoignages poignants, étayés pour certains par des images de vidéosurveillance édifiantes, qui vont jusqu’à susciter chez l’accusé des regrets encore jamais exprimés jusqu’alors.

"C’est à cause de ma famille"

"Vous voyez ces gens, qui ne vous avaient rien fait, ne vous connaissaient pas… Vous voyez les conséquences sur leur vie ?" questionne Me Guillaume Motos, l’avocat du fleuriste. Visiblement troublé, confronté pour la première fois à ses victimes, Abraham Bomela répond un "Je m’excuse" d’apparence sincère.

Puis reprend aussitôt sa ligne de défense : "C’est à cause de ma famille que je m’en suis pris à des gens normaux. J’avais une vie tranquille, c’est eux qui m’ont mis là-dedans", se justifie-t-il.

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"Sentiment d’injustice flagrant"

Pour ces victimes "étrangères" aux problèmes familiaux d’Abraham Bomela, demeure, au-delà des séquelles physiques, un syndrome de stress post-traumatique aigu décrit par l’expert. "Insomnie, flashbacks, troubles de la mémoire, dépression, angoisse de mort" énumère Alain Penin, psychologue. "Ces faits ont eu un retentissement certain pour ces hommes, qui cultivent tous un sentiment d’injustice flagrant", conclut-il.

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