"Il est urgent de déclencher l'alerte rouge et d'activer un plan de sauvegarde"

Le maire de Saint-André et président de la Cirest, Eric Fruteau, interpelle, dans un courrier, les parlementaires réunionnais sur les conséquences directes de la baisse annoncée des dotations de l'Etat aux collectivités pour la période 2014-2015.
Au-delà de "l'ajustement technique budgétaire" d'une telle mesure, Eric Fruteau demande aux députés et sénateurs de prendre en compte les "dimensions économiques et sociales" propres à la Réunion. "Le choc sera brutal pour nos collectivités déjà financièrement à bout de souffle. La mesure de réduction aura, par ricochet, un impact dévastateur sur notre économie fragile. Il faut, pour apprécier la portée réelle d'une telle décision, avoir à l'esprit la gravité de la situation réunionnaise", explique Eric Fruteau dans son courrier.
Pour appuyer ses propos, Eric Fruteau se base sur trois marqueurs : les minimas sociaux records, une pauvreté hors-norme et un chômage de masse. Se basant sur les chiffres publiés par l'Insee (150.000 foyers bénéficiaires des minimas sociaux, 343.000 personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, 30% de taux de chômage ndlr), le maire de Saint-André rappelle que toute baisse des dotations de l'Etat aura pour facteur d'aggraver le tissu socio-économique à la Réunion.
"Ces mesures d'austérité budgétaire auront pour conséquences d'amplifier les inégalités"
"Comme le souligne le COMPAS (Centre d'observation et de mesure des politiques sociales), le seuil de 20% les plus pauvres est de 242 euros mensuels à la Réunion alors qu'il est de 712 euros pour la Haute-Corse, département où les bas revenus sont les plus faibles. De même les dix villes où le revenue médian est le plus bas, sont toutes localisées à la Réunion. Le COMPAS fait ainsi remarquer que de tels chiffres appliqués à des départements de métropole auraient suscité une mobilisation plus importante des moyens publics", précise-t-il.
Le maire de Saint-André réclame aux parlementaires que la situation réunionnaise soit prise en compte à "sa juste valeur" et préservée des "coupes budgétaires". "A l'approche de ce cyclone financier et social, je considère qu'il est urgent de déclencher l'alerte rouge et d'activer un plan de sauvegarde pour la Réunion", poursuit-il.
"Dans le cas contraire, ces mesures d'austérité budgétaire auront pour conséquences d'amplifier les inégalités entre la métropole et la Réunion (…). Elles auront finalement pour résultat d'obturer notre avenir et d'éloigner un peu plus les Réunionnais de la promesse républicaine française de l'égalité et de la justice sociale", conclut Eric Fruteau.


