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Sur un « coup de tête », il escalade un mur pour voler dans la caserne de gendarmerie de la Redoute

Ecrit par Lucas Candessoussens – le samedi 23 novembre 2024 à 16H50

Un homme est jugé ce vendredi 22 novembre pour des faits de vol, aggravés par la circonstance qu’il s’est introduit sur un terrain militaire. Après avoir découpé du fil barbelé, il a subtilisé un vélo et un casque de moto.

Ce vol aurait pu passer inaperçu. Un militaire de la caserne de la Redoute, à Saint-Denis, remarque l’absence de son vélo. Un second, celle de son casque de moto. Ce n’est que par le bouche-à-oreille qu’ils en concluent qu’un individu les a subtilisés.

Leur théorie est confirmée par le visionnage des caméras de vidéosurveillance, situées sur le Pont Vinh San, qui jouxte la Redoute. On peut y voir un individu se balader avec les objets volés.

Un récidiviste à la barre

L’homme est rapidement confondu par les gendarmes, qui procèdent à son interpellation. En garde à vue, il ne nie absolument pas les faits. Il aurait fait ça sur un « coup de tête ».

Un coup de tête qui n’est pas isolé. Depuis 1997, l’individu passe et repasse devant les tribunaux : on comptabilise un total de 19 mentions dans son casier judiciaire, et pour la quasi-majorité, des faits de vol. La dernière en date est celle du 19 juillet 2022, où il a écopé d’une peine de deux ans de prison, assortie d’un sursis probatoire de six mois pendant deux ans.

Sa version, il ne la change pas face aux magistrats. Selon lui, il a fait ça sur « un coup de tête », comme affirmé en garde à vue. Le Dionysien explique également avoir été victime d’un molestage de la part d’un gendarme cagoulé. Quand la présidente l’interroge sur cet épisode, les propos restent confus, voire incompréhensibles.

Et c’est ce que souligne le tribunal : l’homme possède un trouble de la compréhension et peine à se faire comprendre. Cependant, il coopère volontiers avec les autorités, n’essayant pas de nier les faits qui lui sont reprochés.

Des difficultés évidentes

C’est ce qui frappe quand on entend les déclarations du mis en cause : il assume totalement son geste. Inséré dans la société, lui-même travaille, et a d’emblée exprimé vouloir « payer les parties civiles » pour le préjudice subi par les deux gendarmes. « Sé moin la prend, mi assum », articule l’homme. Les militaires, non représentés par un avocat, se sont exprimés brièvement devant le tribunal.

Par ailleurs, l’intéressé n’a pas fait ça dans un but pécuniaire : il a vendu le vélo (d’une valeur de 2.000 euros) pour seulement 100 euros.

Le ministère public souligne les multiples condamnations du prévenu et ses explications qui « tournent en boucle ». L’excuse du coup de tête ne tient, selon lui, pas la route. La procureure requiert ainsi une peine de 8 mois de détention provisoire, avec la révocation d’une partie du sursis probatoire.

La défense entame sa plaidoirie sur les capacités limitées de son client, soulignant le fait qu’il n’est pas en mesure de saisir pleinement ce qu’on lui dit. Son avocate détaille ainsi sa vie : le prévenu est sous la surveillance de sa sœur qui s’occupe de lui, possède un contrat d’insertion, et n’a pas la moindre addiction type alcool ou stupéfiants.

Elle souligne qu’au vu de ces multiples récidives, il vaudrait mieux procéder à une expertise de son client, et ne pas simplement le condamner à de la prison. Il faut savoir que l’individu est suivi par le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation), et qu’il montre de « réels efforts ». De plus, alors qu'il possède un travail, l’avocate plaide pour une peine aménagée.

Le tribunal donne raison à la défense et condamne le prévenu à une peine de 8 mois de prison aménageable. Il retourne en détention, le temps que la justice fixe les modalités de sa peine.

Etiquettes : Gendarmerie | La Redoute

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