Il écope de 4 ans de prison pour des menaces de mort réitérées

Tout redevient calme, jusqu'à que la conductrice raconte sa mésaventure à son frère qui rentre du travail vers 22h. Habitant dans le même quartier, ils se connaissent. Le frère texte Florent M. et lui donne rendez-vous sur le front de mer de Saint-Paul pour en découdre. C'est le début d'un long processus qui se met en place chez le prévenu qui répond au frère : "À quelle heure tu finis ton travail car c'est l'heure de la fin de ta vie". Ils se retrouvent, se battent et le frère prend le dessus, profitant peut-être de l'état d'alcoolisation de Florent M. qui mord violemment l'oreille de son adversaire pour s'en sortir.
Il détruit le portail, la porte d'entrée, la boite aux lettres
Les deux hommes se séparent et en restent là. L'accalmie est de courte durée. Vers une heure du matin, Florent M. se pointe à la case des parents des deux jeunes sabre en main. Il détruit le portail, la porte d'entrée, la boite aux lettre, les vitres de la voiture de la jeune fille. S'en suis une pluie de menaces de mort : "Mi bour à zot, mi va tuer toute la famille", pour ne citer que la plus gentille. Les gendarmes interviennent et interpellent l'individu sans difficulté. Deux heures après les faits, le prévenu est toujours à 1,86 g/l d'alcool dans le sang. Restant sur sa ligne de conduite, Florent M. réitère ses menaces de mort avec insistance durant la garde à vue indiquant : "Quand je suis en colère avec une fille, je tue le père, je tue le fils et je laisse vivre la fille", ajoutant, "quand je sortirai de prison je serais en forme, je vais sortir et je vais tuer ce fils de p***".
Le prévenu, qui est considéré comme dangereux par le psychiatre, tempère ce mercredi quelque peu ses propos : "C'est moi qui me retrouve en prison et lui reste dehors alors que c'est lui qui m'a cherché, c'est ça qui m'énerve. La prison ok mais je veux qu'ils me remboursent mon complet Lacoste, ma boucle d'oreille et mon téléphone abimé". Il convient également de préciser qu'il est sous suivi psychiatrique et en rupture de soins alors qu'il est sous contrôle judiciaire. Il fait état de quatre mentions à son casier judiciaire. "C'est une personne qui fait froid dans le dos. Il vient la nuit apeurer les parents et vandalise tout ce qu'il peut, tout ça pour un passage piéton. Il faut protéger cette famille", assène la partie civile qui demande un renvoi sur interêts tant les dégâts sont importants.
"Il commet des violences, des dégradations et des menaces maximales de mort"
"Ce sont des faits graves qu'il reconnait mais en les justifiant par le comportement des victimes. Il aurait pu y avoir des conséquences dramatiques. Il commet des violences, des dégradations et des menaces maximales de mort qu'il réitère durant toute la garde à vue. Ça vaut la peine maximale pour les menaces. Il faut souligner sa sincérité pour ces faits mais le problème, c'est qu'il assume. C'est un individu extrêmement inquiétant et dangereux" fustige le parquet qui requiert 6 ans de prison avec maintien en détention et la révocation d'un sursis en cours de 4 mois. Le procureur explique en outre qu'il demande 5 ans pour les menaces et un an pour les violences.
"Dommage que les victimes soient absentes aujourd'hui car tout n'est pas blanc ou noir dans ce dossier" rétorque la défense. "Tout part de cette famille dont la fille manque d'écraser mon client, c'est elle qui le frappe en premier, c'est de la légitime défense. Il fait preuve d'une honnêteté déconcertante ce qui n'est pas le cas des parties civiles. Il est sous suivi depuis longtemps mais en rupture de soins au moment des faits. Ensuite, c'est le frère qui lui téléphone pour le menacer et se battre, c'est aussi de la légitime défense. C'est un procès à charge aujourd'hui alors que les familles ne sont pas poursuivies. Ce n'est pas parce qu'il est SDF, qu'il n'a pas le droit à un procès équitable. Je demande la clémence du tribunal" plaide la robe noire.
Reconnu coupable, le prévenu obtient une légère clémence du tribunal. Il est condamné à la peine de 4 ans de prison et voit son sursis de 4 mois révoqué. Il lui est également fait interdiction de contact, de paraître au domicile des victimes et de détenir une arme.


