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Il avait abusé d’une passante sous l’effet de « la chimique »

Ecrit par Eric Lainé – le jeudi 9 octobre 2025 à 06H34

Vendredi dernier, un homme de 33 ans a été condamné à quatre ans de prison ferme pour agression sexuelle sous l’emprise de produits stupéfiants. En janvier 2024, Assani Darmi était sous l’effet de « la chimique » quand il s’est jeté sur une passante pour lui imposer un rapport sexuel.

La scène fait froid dans le dos. Le 31 janvier 2024, deux sœurs cheminent tranquillement en direction de leur immeuble à Saint-Denis. Elles sont devant le hall d’entrée quand un fou furieux les aborde. L’homme les rejoint en sortant son sexe et en les interpellant ainsi : « Vous baisez ? » L’une des sœurs rétorque : « Vous êtes fou… » Elle ne croit pas si bien dire.

Tandis qu’elle demande à sa sœur d’aller chercher du secours, elle se retrouve seule face à l’agresseur qui hurle : « Rendez-moi ma drogue ! » En fait, l’homme a fumé de « l’herbe chamanique », une drogue chimique aux effets dévastateurs très répandue à Mayotte.

« Quand j’ai un truc en tête, il faut que ça s’exécute »

Assani Darmi, un grand gaillard de 33 ans, parvient à bloquer sa proie et à abuser d’elle avec sa main. A l’issue de l’agression, il abandonne sa victime en état de choc puis il est interpellé par la police. Aux enquêteurs, il déclare de manière inquiétante : « Moi, quand j’ai un truc en tête, il faut que ça s’exécute. »

A la barre, Assani Darmi, incarcéré depuis le 1er février 2024, tient un tout autre discours. « J’assume mais vous n’allez jamais me retrouver dans de sales histoires », assure-t-il à ses juges. Il explique qu’il a renoué avec d’anciennes mauvaises fréquentations après son arrivée à La Réunion en 2015. « Je fumais du zamal mais c’est ici que j’ai basculé dans la drogue chimique », précise-t-il.

Déjà condamné pour exhibition sexuelle

Le président Duchemin lui rappelle qu’il a déjà été condamné pour exhibition sexuelle. Le prévenu le coupe. « Aujourd’hui, je suis venu pour parler à des professionnels, entendre mes vrais défauts et faire un travail sur moi. » En fait, il n’entend pas laisser le président s’appesantir sur les faits qui lui sont reprochés et sur son passé de délinquant.

Le président poursuit en lui rappelant qu’il a osé dire aux enquêteurs que la victime avait « déposé plainte car elle était peut-être dans la merde et elle avait besoin d’argent ». Rebelotte, Assani Darmi confisque d’autorité la parole au magistrat. Cette fois, le président Duchemin sort de ses gonds en ordonnant de se taire. Le magistrat lui rappelle que ce n’est pas la première qu’il joue les récalcitrants. Il avait refusé d’être extrait de sa cellule de garde à vue « en se bouchant les oreilles pour ne pas écouter le policier qui lui parlait ». « Comme un gamin de 5 ans… », commente le juge.

« Il vous est difficile d’accepter la réalité des choses »

« J’accepte tous mes défauts, surtout les plus mauvais mais j’accepte aussi d’évoluer dans le bon sens », enchaîne le prévenu comme pour passer à autre chose. Le président lui rafraichit encore la mémoire, lui rappelant cette scène dans le bureau du magistrat instructeur où il était « particulièrement énervé ». « Vous commencez à me prendre la tête, je ne veux pas de l’avocate, gardez-là pour vous ! », avait-il vociféré avant de se murer dans le silence.

« Il vous est difficile d’accepter la réalité des choses », en déduit le président Duchemin. « Quant on est plus soi-même, il y a des choses que l’on n’est pas prêt à entendre. Il est vrai que j’ai un problème au niveau de la sexualité car je n’ai pas eu d’éducation par rapport à ça », admet Assani Darmi.

« Il est dommage que j’ai dû faire du mal pour comprendre mes problèmes »

« Quel est votre position aujourd’hui sur l’acte de pénétration que vous avez commis ? », l’interroge le président Duchemin. « Je me dis que c’est peut-être vrai vu ce que j’avais consommé mais je n’ai plus de mémoire claire de la soirée », avoue-t-il à demi-mot. Et d’ajouter : « Il est dommage que j’ai dû faire du mal pour comprendre mes problèmes. »

Le substitut du procureur lui rappelle que les faits ont été correctionnalisés mais qu’il s’agit d’un viol et donc un crime en réalité. Elle requiert cinq ans de prison ferme assortis d’un suivi socio-judiciaire de trois ans à l’encontre du prévenu. Le tribunal judiciaire lui inflige finalement quatre ans de prison ferme avec un maintien sous mandat de dépôt.

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