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Huguette Bello : Combats politiques et événements médiatiques

La présidente de la Région Réunion est pressentie pour devenir Première ministre. Cette proposition formulée par le Parti communiste français prend devient de plus en plus sérieuse grâce au soutien de Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France Insoumise et l'accord d'Europe Ecologie-Les Verts. Le Parti socialiste doit se prononcer aujourd'hui sur le sujet. Devenir la cheffe du gouvernement couronnerait la carrière politique très riche d'Huguette Bello, figure emblématique de la gauche à La Réunion.
Ecrit par N.P. – le samedi 13 juillet 2024 à 10H55

La piste Huguette Bello comme Première ministre se précise au sein du Nouveau Front populaire. L'alliance de gauche peine depuis le début de la semaine à trouver un candidat commun pour un gouvernement de coalition. Face à cette impasse, le Parti communiste français décide vendredi de proposer la candidature de la présidente de la Région Réunion. Une hypothèse qui est prise au sérieux, notamment par Jean-Luc Mélenchon, fondateur de LFI, qui a fait la campagne de la Présidentielle et des Européennes, aux côtés d'Huguette Bello. Il a notamment assuré qu'Europe Ecologie-Les Verts était aussi d'accord pour soutenir cette candidature. Reste le Parti socialiste qui serait pour l'instant peu enclin à choisir la présidente de Région Réunion, proche de LFI. Le PS doit se prononcer dans la journée.

Pour autant, le nom d'Huguette Bello est celui qui provoque le plus grand consensus au sein du Nouveau Front populaire. Les membres du gouvernement auraient aussi affirmé ne pas s'opposer à cette candidature. Prendre le contrôle de Mâtignon serait le point culminant d'une carrière politique de plus de 40 ans, pour l'actuelle cheffe de la Pyramide inversée.

Huguette Bello, originaire de la Ravine des Cabris à Saint-Pierre était institutrice avant de devenir directrice d'école. Elle s'est engagée associativement contre les violences faites aux femmes et a longtemps présidé l'association de l'Union des femmes de La Réunion.

Le parcours politique

Montée météorique : Après s'être engagée au niveau associatif, Huguette Bello a démarré sa carrière politique au Parti communiste réunionnais. Elle décroche son premier mandat comme conseillère régionale en 1983. Elle se retrouvera ensuite sur plusieurs listes municipales et deviendra adjointe au maire de St-Pierre aussi en 1983 et de La Possession en 1989.

Huguette Bello deviendra députée pour la première fois en 1997. Elle sera la première femme réunionnaise à rejoindre l'Assemblée nationale. La Saint-Pierroise sera réélue en 2002 et 2007.

Mais c'est en 2008, qu'elle est à la tête d'une liste électorale aux Municipales de Saint-Paul. Elle bat une première fois Alain Bénard, maire sortant, mais ce dernier saisit le tribunal administratif qui annule l'élection à cause d'irrégularité. Huguette Bello s'imposera tout de même une deuxième fois l'année suivante lors d'une élection partielle.

Départ du PCR : C'est au début de la nouvelle décennie que les relations se tendent avec le Parti communiste réunionnais. Le PCR perd la Région Réunion en 2010 et Huguette Bello participe au déclin du parti en tenant tête à son candidat de la 2e circonscription aux Législatives qu'elle humilie en se faisant élire dès le premier tour. La Saint-Pierroise créé son propre mouvement : Pour La Réunion.

Défaites : Huguette Bello fera ensuite face à ses premières défaites électorales. En 2014, suite à une polémique autour de la crise requin et des critiques sur la gestion des employés municipaux, elle perd la mairie de Saint-Paul en faveur de Joseph Sinimalé, représentant de l'Union de la droite et des centres.

Malgré ce premier échec, elle est désignée comme candidate de la gauche aux Régionales de 2015. Elle se classe en deuxième position derrière Didier Robert, président sortant. Huguette Bello se retrouve durant l'entre-deux-tours à la tête d'une coalition avec le PS de Gilbert Annette et le centre de Thierry Robert. Mais les pourparlers ont duré longtemps et la campagne est trop courte pour battre le candidat de l'Union de la droite et des centres.

Retour triomphal : Huguette Bello enchaînera ensuite à nouveau les succès électoraux : les Législatives en 2017, les Municipales en 2020 et Les Régionales en 2021. Encore en ballottage défavorable au premier tour de l'élection à la Pyramide inversée, elle est la mieux classée des six candidats de gauche qui se rallient donc derrière sa candidature. La présidente du PLR est cette fois élue, à la faveur d'une trahison au sein de l'Union de la droite et des centres.

Depuis, les fortunes ont été diverses. Bousculée au sein de sa propre majorité régionale par Ericka Bareigts, elle se fait damer le pion par la première secrétaire du PS 974 aux Sénatoriales en 2023. Cette année, Huguette Bello, qui a soutenu officiellement Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle, figure sur la liste de LFI aux Européennes, qui s'installe comme première force de gauche au terme de cette élection.

Aux élections législatives, la gauche d'Ericka Bareigts s'oppose à celle d'Huguette Bello sur trois des sept circonscriptions aux élections législatives anticipées. Mais les députés sortants LFI-PLR-Progrès du camp Bello se retrouvent tous au second tour et sont tous réélus. La plateforme de la "gauche véritable" a totalisé 71% des voix de gauche au premier tour.

Huguette Bello est aujourd'hui à la tête d'une coalition de gauche qui rassemble son parti PLR représenté par elle-même ainsi que les députés Karine Lebon et Frédéric Maillot ; LFI avec le député Perceval Gaillard ; ARCP avec le député Jean-Hugues Ratenon ; Le Progrès 974 avec son vice-président et maire de St-Joseph, Patrick Lebreton ainsi que la députée Emeline K/Bidi ; l'UDSA du maire de St-André, Joé Bédier. Une plateforme qui se prépare pour les prochaines échéances électorales, notamment les Municipales 2026.

 

Les événements médiatiques

"Violent Femmes" : En 2005, Huguette Bello s'était rendue dans une grande surface accompagnée des caméras de télévision. Elle a découpé les t-shirts du groupe canadien "Violent femmes". La présidente de l'UFR accusait le magasin de vendre des vêtements qui faisaient l'apologie du viol. L'équipe commerciale a rappelé que le nom du groupe canadien était en partie en anglais et en partie en français, mais a préféré retirer les habits en question de la vente suite à la mise en scène médiatique.

"C'est mon pays, monsieur" : une phrase qui a contribué à changer le parcours politique d'Huguette Bello. À l'époque de la crise requin, les crispations sont à leur paroxysme entre les passionnés de glisse et les représentants des pouvoirs publics. Une altercation se produit le 19 septembre 2011. Huguette Bello est interpellée par des surfeurs. Un "assassin" est crié à son égard et un homme lui lance "ça fait des années qu'on habite ici, ça n'a jamais été comme ça !" Huguette Bello répond alors : "Moi, je vis ici depuis 60 ans... C'est mon pays, monsieur". Une phrase qui créera la polémique entre la maire de St-Paul et une partie de la population zorey qui représente un nombre non négligeable d'électeurs dans la cité balnéaire.

"De vulgaires délinquantes" : Huguette Bello et Ericka Bareigts travaillaient main dans la main en 2018. Les députés de gauche avaient cherché à visiter le bâtiment Cimendef construit par la municipalité saint-pauloise d'Huguette Bello, mais dont la gestion avait été récupérée par la Région de Didier Robert à droite. Elles étaient montées à l'étage malgré l'interdiction formulée par la direction régionale. Le coup de force des députées avait donné lieu à une altercation avec un vigile. Tous ces éléments avaient incité le propriétaire des lieux, la Région, à porter plainte contre les deux députées. Elles avaient par la suite été relaxées. Mais Huguette Bello avaient dénoncé la plainte comme une manipulation politique : « Nous sommes traduites devant le tribunal comme de vulgaires délinquantes. »

"Le quart de ce que j’ai fait, vous ne le ferez jamais" : Une vidéo a été diffusée durant l'entre-deux-tours où Huguette Bello et les militants du RN s'écharpent au marché du Chaudron. Les échanges sont indéchiffrables, mais les déclarations de la présidente de Région sont claires à la fin de l'altercation : “J’ai fait pour ce pays plus que vous. Le quart de ce que j’ai fait, vous ne le ferez jamais.

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