Histoire du ti-train lontan : Le transport ferré aurait eu 130 ans cette année

A la Réunion, la première ligne ferroviaire reliant Saint-Benoît à Saint-Louis fût inaugurée en février 1882. "Le train aurait 130 ans en 2012", rappelle Enis Rockel qui animait hier, au centre Lucet langenier de Saint-Pierre, une conférence intitulée "Chroniques du chemin de fer à la Réunion ou l’histoire du ti train lontan".
"C'est une initiative du centre culturel de la ville de Saint-Pierre", souligne le guide-conférencier qui entame sa chronique par les balbutiements du ti-train lontan, dès 1858, avec un projet d'hippomobile. Rapidement, cette première tentative fût jugée irréalisable, notamment en raison de l'impossibilité pour des chevaux de tracter dans des pentes supérieures à 4 %. Ce n'est que 24 ans après cette première tentative, enfin, que le ti train fût inauguré. 24 ans, c'est donc le temps qu'il aura fallu pour mener à bien ce projet et résoudre des problèmes étrangement similaires à ceux rencontrés aujourd'hui par les militants du tram-train.
La concurrence de la voiture signe la mort du ti train
Outre les contraintes techniques qui jalonnent le parcours, comme le franchissement des ravines, les pionniers du transport ferré à la Réunion auront surtout dû régler des problèmes liés au financement et à la nécessité d'exproprier pour libérer le foncier nécessaire à de telles installations. "L'histoire du ti-train est très riche. C'est aussi l'histoire du port, du syndicalisme, du prolétariat. C'est un changement social important", explique Enis Rockel qui pointe du doigt la concurrence de l'automobile pour expliquer "la mort du train" il y a une cinquantaine d'années.
Quoi qu'il en soit, le conférencier reste convaincu que la rail est une solution d'avenir pour la Réunion, à condition de parvenir à régler l'éternel problème du financement. L'histoire du ti-train nous apprend que les bonnes idées mettent parfois du temps à se concrétiser...


