Hausse des prix des fruits et des légumes : "Tout le monde est fautif"

Un kilo de banane vendu par un agriculteur aux intermédiaires à 0,45 centime puis revendu entre 3 à 4 euros le kilo aux consommateurs, assurait hier la FDSEA lors d'une conférence de presse sur la flambée des prix des fruits et légumes. "Sauf que la qualité du produit joue aussi dans le prix proposé par l'intermédiaire", tient à rappeler un bazardier du sud irrité par les " raccourcis" pris par la FDSEA. " Il y a trois catégories de bananes et ne se baser que sur l'une d'entre-elle, c'est donner de mauvaises informations", déplore un opérateur dans une coopérative. Deux professionnels du monde agricole qui ont préféré garder l'anonymat de peur de tendre les relations avec leurs différents partenaires.
"Après un cyclone, il y a à chaque fois le même débat. Qui fait ses marges ?", pointe le bazardier du sud. Pluie et vent impactent la production. "D'ordinaire, j'ai besoin de 500 kg de bringelles par semaine et là, je tourne plutôt à 40 à 50 kg". La demande est plus forte que l'offre, les prix augmentent." C'est la loi du marché", pose comme évidence ces professionnels. "Mais un kilo de bringelles à 2,5 euros alors que le cours sur le marché au gros et dans les coopératives est plutôt de 7 euros le kilo, il y a un problème", s'étonne le bazadier, la dernière mercuriale, qui recense les cours des produits sur le marché au gros, à l'appui.

MERCURIALE Fruits et Légumes du Mardi 27 Février 2024

Pour opérer sa marge, ce bazardier assure multiplier par 1,5 voire par 2 les produits achetés au marché de gros, aux coopératives ou directement aux producteurs. À l'heure où nous écrivons ces lignes, les deux coopératives que nous avons contactées ne nous ont pas répondu sur les marges réalisées de leur côté. "Quand le volume est important, on peut se permettre d'émarger moins, mais actuellement ce n'est pas le cas", regrette-t-il également.
"Le moment est difficile pour tout le monde. Pour s'en sortir, tout le monde a augmenté ses prix. L'agriculteur veut rattraper ses pertes, les intermédiaires prennent leur marge et au final peu importe le prix, les consommateurs finissent par acheter. Tout le monde est fautif. Ce n'est pas constructif de tirer à boulets rouges sur les intermédiaires qui sont eux devant les clients", fustige-t-il.
Quant à mettre en place des prix planchers pour contrer les effets de la loi du marché, c'est une solution difficilement réalisable pour ces professionnels du monde agricole. "Les prix sont dictés par les coûts de production et le volume. Ces deux facteurs sont par nature imprévisibles, ne serait-ce qu'en raison des caprices du temps", pointe le bazardier.


