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Flambée des prix des fruits et légumes : Les agriculteurs accusés à tort selon la FDSEA

Ils refusent de porter le chapeau de la flambée des prix des fruits et légumes. Alors que beaucoup de légumes ont dépassé la barre des 10 euros le kilo, les agriculteurs de la FDSEA pointent les marges des intermédiaires.
Ecrit par Prisca Bigot – le jeudi 29 février 2024 à 15H14

Les prix affichés des fruits et légumes font ces derniers temps particulièrement siffler les oreilles des agriculteurs, accusés de se remplir les poches sur le dos des consommateurs.

Une responsabilité que nient les agriculteurs de la FDSEA. Henri, producteur de bananes à la Petite Ile, vient témoigner. Ce mercredi, il a vendu sa production à sa coopérative à 0,45 euro le kilo alors que les consommateurs l'achètent sur les étals pour parfois 7 à 8 fois plus chère, soit entre 3 à 4 euros le kilo de banane.

 

Un exemple de la flambée des prix qui s'explique évidemment par l'impact des cyclones et des fortes pluies et la baisse importante de production alors que la demande ne faiblit pas. Mais à y regarder plus près, incite la FDSEA, les marges des intermédiaires posent question.

"La revente au marché de gros ou aux coopératives, jusque-là, on maîtrise, pour ce qu'il y a derrière, la fluctuation des prix, ça, on ne sait pas", fait valoir Thierry Hoarau. Le trésorier de la FDSEA veut alerter le grand public sur les coûts de production et des trésoreries à combler, "mais surtout pas pour appuyer sur la tête du consommateur", assure le syndicaliste.

"Le revendeur ne peut pas gagner plus que le producteur, s'insurge un producteur d'ananas qui dénonce les prix pratiqués par les intermédiaires. «  Pour fixer nos prix, ils n'hésitent pas à prendre en compte les subventions que l'on peut toucher alors que cela n'entre pas dans les coûts de production", allègue-t-il.

L'import, fausse solution

La tentation est donc grande pour le consommateur durant cette période cyclonique de se tourner vers les produits importés, parfois bien moins chers sur le papier. "De l'import pour les légumes que l'on ne peut pas faire oui, mais qu'on ne concurrence pas les planteurs ", incite Thierry Hoarau qui rappelle que manger local, c'est manger plus sainement tout en préservant l'environnement, à partir du moment où les maraîchers s'engagent vers une limitation des produits phytosanitaires.

" Acheter de l'ail et des oignons péi, c'est aussi préserver la production et le savoir-faire local, sans quoi ces cultures pourraient bien disparaître", martèle Thierry Hoarau.

 

 

L'enjeu de la préservation de l'agriculture réunionnaise passe également par la garantie des revenus. Floris Carpaye, secrétaire général de la FDSEA, fait sienne l'annonce du président Macron au Salon de l'agriculture d'instaurer "un prix plancher". "Pour la tomate, le bringelle, et même dans la filière canne...". Pour cette dernière, la planter demande un prix plancher à 40 euros la tonne de canne. Pour la FDSEA, ce prix plancher devrait prendre en compte la fourchette haute des coûts de production en fonction de la taille de l'exploitation notamment et également prendre en compte l'inflation. "Les JA et la FDSEA s'engagent à entamer les discussions avec le préfet", souhaite prendre rendez-vous Floris Carpaye.

 

 

Etiquettes : Agriculture | FDSEA

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