Halloween 2023 : il tend une embuscade aux gendarmes pour "s'amuser un peu"

Jonathan a été jugé ce lundi en comparution immédiate pour plusieurs séries de faits d'extorsion par violence notamment. Ce jeune de 26 ans, diagnostiqué schizophrène, a aussi voulu tendre une embuscade aux gendarmes de la Plaine des Cafres le 31 octobre 2023.
Ce soir d'Halloween, Jonathan se trouve à la Plaine des Cafres. Avec ses compères, il décide d'allumer des feux de poubelle et de tendre un piège aux forces de l'ordre pour les caillasser. Une idée lancée par le groupe et que Jonathan suit pour “s'amuser un peu”. Il avoue même avoir passé le coup de fil aux gendarmes, les poches pleines de galets. Ces derniers arrivent tellement vite sur les lieux que certains n'ont pas le temps de se cacher. Jonathan est interpellé et placé en garde à vue.
Quelques mois plus tard, le jeune homme refait parler de lui. Le 23 juin dernier au soir, Jonathan circule sur le front de mer de Saint-Pierre. Il voit "deux jeunes bien habillés qui avaient l'air d'avoir de l'argent. Il décide donc de foncer sur eux et de les rouer de coups, explique Jonathan, déconcertant de vérité.
Le lendemain, Jonathan, toujours sur le front de mer, fait l'aumône. Une personne en déplacement professionnel installée dans un hôtel à proximité accepte de l'aider. Il se rendait justement au distributeur pour pouvoir s'acheter du dentifrice. Mais rapidement, Jonathan se montre agressif, oblige la bonne âme à vider ses poches. Le jeune homme veut également les 20 euros que la victime vient de retirer du distributeur. L'homme refuse. Jonathan assène des coups jusqu'à ce qu'un père et son fils en vacances viennent en aide à la victime. De nouveau, Jonathan est interpellé.
Délit d'embuscade : punir l'intention
“Je regrette, c'est vrai que j'ai fait du mal”, semble avoir pris conscience Jonathan qui suit désormais des soins psychologiques et en addictologie.
“Les scènes ont été d'une extrême violence”, tance la procureure. Quant au délit d'embuscade, créé en 2017 dans le but de prévenir les violences à l'encontre des personnels dépositaires de l'autorité publique, il est constitué “dans les déclarations du prévenu et par les cailloux retrouvés dans ses poches", avance le parquet.
Pour sa défense, Me Alexandre Volz a plaidé la relaxe. Selon la robe noire, le délit d'embuscade soulève non seulement question dans les termes de sa rédaction, mais aussi reposerait avant tout sur une infraction en réponse politique aux émeutes de banlieues . “Il y a aussi la question du repentir actif. Il a renoncé à commettre l'infraction et personne finalement n'est passé à l'action”. Les faits de violence sont quant à eux caractérisés, mais doivent prendre en compte l'altération du discernement établi par l'expertise psychiatrique et psychologique.
Jonathan a finalement été condamné à 24 mois de prison avec sursis probatoire. Il a l'obligation de se soigner, d'indemniser les victimes et de suivre un stage de citoyenneté. L'altération du discernement a été reconnue. “Le tribunal a pris acte des garanties fournies et de votre volonté de vous en sortir." Jonathan a été encouragé à poursuivre ses efforts.


