Guerre au Moyen-Orient : les forces houthies du Yémen ouvrent un nouveau front

Alliés de l'Iran, les Houthis du Yémen annoncent le blocage d'une route commerciale maritime stratégique.
Selon Reuters, l'Iran a envoyé, le 13 juillet dernier, des commandants des Gardiens de la révolution, des conseillers militaires ainsi que des équipements, notamment des missiles et des drones, à ses alliés houthis du Yémen, alors que les frappes entre les États-Unis et l'Iran ont repris de plus belle.
Des alliés de longue date
L'Iran et les Houthis du Yémen entretiennent des relations étroites depuis plusieurs décennies. Téhéran soutient et arme le mouvement depuis de nombreuses années dans sa lutte contre le gouvernement yéménite, notamment afin de contrebalancer l'influence des États-Unis et de l'Arabie saoudite dans la région.
Après avoir reçu des hommes et du matériel envoyés par l'Iran, qui continue de nier toute implication directe, les Houthis ont annoncé, le 20 juillet, la mise en place d'un blocus du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant la mer Rouge au golfe d'Aden.
Un nouveau front stratégique
L'ouverture de ce nouveau front constitue un important levier pour l'Iran, qui exerce désormais une influence sur deux points névralgiques du commerce maritime mondial. Cette situation lui permet d'accroître la pression sur l'Arabie saoudite.
Depuis le blocage du détroit d'Ormuz, Bab el-Mandeb est devenu une voie alternative essentielle pour les exportations de pétrole saoudien ainsi que pour le transit mondial des hydrocarbures. Sa fermeture menace donc directement un marché pétrolier qui commençait à peine à se stabiliser.
Le prix du baril a de nouveau franchi la barre des 100 dollars et pourrait atteindre 150, voire 200 dollars si aucune solution n'est rapidement trouvée, estiment plusieurs experts.
Interrogé par ABC News, un cadre d'une compagnie de fret résume la situation : « C'est un cauchemar. Nous faisons face aux incertitudes quotidiennement, mais le niveau actuel est sans précédent. » Des propos qui illustrent l'inquiétude grandissante du secteur.
Des conséquences économiques majeures
Les prix des carburants ne sont donc pas près de redescendre. À cela s'ajoutent les conséquences sur le transport maritime. Si les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb demeurent fermés ou fortement perturbés, les navires devront emprunter la longue route du cap de Bonne-Espérance, contournant ainsi l'Afrique. Ce détour allongerait considérablement les délais d'acheminement et entraînerait une hausse des coûts du fret, avec des répercussions sur les prix de nombreux produits.
Parallèlement, les tensions au Moyen-Orient continuent de s'intensifier. Un porte-parole houthi a décrit la situation avec l'Arabie saoudite comme relevant d'une logique de « œil pour œil ». De son côté, l'armée saoudienne a affirmé que toute menace visant un navire serait « traitée avec rapidité et fermeté », estimant que ces actes constituent « une violation flagrante du droit international et des actes de piraterie maritime », rapporte The Guardian.
L'évolution de la situation dans les prochains jours pourrait avoir des conséquences majeures, tant sur l'économie mondiale que sur l'équilibre géopolitique de la région.


