Grève des taxis à La Réunion : « On passe plus de temps dans la voiture qu’à la maison »

Après la journée blanche de lundi, les chauffeurs de taxi de La Réunion sont passés à l’action très tôt ce mardi matin en positionnant leurs véhicules près de la préfecture, où ils espèrent être reçus dans la journée. Les grévistes refusent la baisse de tarif pour le transport sanitaire imposé par la CGSS au 1er novembre.
Ils ont posé leurs chaises de camping près du jardin de la Liberté, aux abords de la préfecture de Saint-Denis, alors que le jour ne s’était pas encore levé. Ce mardi 7 octobre, les chauffeurs de taxi en grève depuis la veille (même s’ils expliquent avoir assuré les courses urgentes de leurs clients malades) sont passés à l’action en coupant leur compteur pour de bon.
« On est sorti de Saint-Pierre à deux heures du matin pour faire la route sans déranger personne. Mais si on obtient rien aujourd’hui, ce soir, en rentrant, ce ne sera pas la même chose : on occupera les deux files de circulation », préviennent des chauffeurs venus du Sud de l’île.
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Assis en rond, il y a là René Pothin, le plus ancien avec ses presque quarante années de métier, Mickaël Payet, Clarisse Payet (la seule à être employée, les autres étant leur propre patron), Guy Esther, Patrick Fontaine et Louis Payet. Des collègues et amis venus du Tampon et de Saint-Pierre, avec la ferme intention de mettre la pression sur les services de l’État.
Le transport sanitaire, la quasi-totalité du chiffre d'affaires
Le 1er novembre prochain, les taximen pourraient perdre environ 60 centimes au kilomètre sur le transport sanitaire, une activité qui représente en moyenne entre 90 et 95 % de leur chiffre d’affaires, selon des témoignages recueillis ce matin. Une particularité de La Réunion, en raison notamment de la structure du territoire et de son réseau routier.
« Quand on dépose un malade ou un dialysé, on est obligé de revenir le chercher, donc c’est compliqué de faire d’autres courses pendant ce temps », fait valoir Louis Payet. Les taxis de l’île conventionnés avec la CGSS transporteraient 7.000 patients par jour, selon les chiffres avancés par les syndicats. Certaines entreprises de taxi possèdent aussi des sociétés d’ambulance.
« Les gens nous critiquent en parlant de nos voitures. Il ne faut pas se baser sur la voiture, c’est pour notre confort. On passe plus de temps dans notre voiture qu’à la maison. On doit faire un crédit sur cinq ans pour la payer, l’entretenir, faire un contrôle technique tous les ans, payer l’assurance et le compteur », souligne René Payet, qui n’en est pas à sa première grève des taxis.
Une rencontre avec la préfet et la CGSS attendue
Selon lui, son activité ne pourra pas se remettre d’une baisse du tarif kilométrique pour le transport sanitaire. « Dans les années 1990, je faisais 120.000 kilomètres par an, aujourd’hui c’est la moitié », argue-t-il. Son collègue Patrick Fontaine ajoute pour sa part qu’il vient d’être imposé de 44 % sur ses bénéfices par l’Urssaf.
Ce matin, le porte-parole de l’intersyndicale des taxis Grégory Tréport indiquait qu’une rencontre avec le préfet de La Réunion Patrice Latron était en cours de préparation, le temps pour les services de l’État de caler une visioconférence avec la direction de la CGSS. La rencontre a été fixée à 13h ce mardi. De l’issue de ces échanges dépend l’évolution du mouvement.



