Grève dans les écoles des Outre-mer le 3 février : les enseignants dénoncent des « injustices » persistantes

Les enseignants du premier degré des départements et régions d’Outre-mer sont appelés à la grève le mardi 3 février 2026. À La Réunion comme dans l’ensemble des DROM, la FSU-SNUipp dénonce la dégradation des conditions de travail dans les écoles et des mesures jugées discriminatoires, notamment à l’égard des personnels malades.
Un mouvement de grève d’ampleur est annoncé pour le mardi 3 février prochain dans toutes les écoles des départements et régions d’Outre-mer. À l’appel de la FSU-SNUipp, principal syndicat du premier degré, les enseignants entendent dénoncer ce qu’ils qualifient d’« abandon » de l’École publique ultramarine par l’État.
Dans un communiqué national relayé localement par la FSU-SNUipp 974, le syndicat pointe une situation jugée alarmante dans les écoles : bâtiments dégradés, absence d’eau potable dans certains établissements, manque de solutions de scolarisation pour des élèves en situation de handicap, démantèlement des réseaux d’aides spécialisées (RASED) et précarisation des enseignants comme des AESH.
Une réforme du congé maladie au cœur de la colère
À ces difficultés structurelles s’ajoute, selon les syndicats, une mesure récente particulièrement mal vécue : le décret modifiant les conditions du congé de longue maladie (CLM). Dans les DROM, cette réforme entraîne une forte réduction de l’indexation salariale pendant les périodes de maladie, alors même que le coût de la vie y demeure plus élevé qu’en Hexagone.
Pour la FSU-SNUipp, cette disposition constitue une « double peine » pour les personnels concernés, transformant la maladie en facteur de précarité financière et rompant le principe d’égalité entre agents publics. « Être malade devient une sanction », dénoncent les représentants syndicaux, qui parlent de mesures « injustes et discriminatoires ».
Des revendications anciennes restées sans réponse
Le syndicat rappelle également son opposition à la cotisation volontaire au régime de retraite (CVR), censée remplacer l’ancienne indemnité temporaire de retraite (ITR), et dont l’application reste source d’inégalités entre territoires ultramarins.
Face à ce qu’il décrit comme une absence totale de réponse des ministères de l’Outre-mer, de l’Éducation nationale et de la Fonction publique, le syndicat affirme avoir décidé de « passer à l’action ».
Un appel à la mobilisation dans tous les DROM
La FSU-SNUipp exige notamment l’abrogation des dispositions liées au congé de longue maladie, le maintien intégral de la prime de vie chère pendant les périodes d’arrêt, des moyens durables pour l’École publique ultramarine, ainsi qu’un dispositif équitable de retraite pour l’ensemble des fonctionnaires des DROM.
À La Réunion, comme ailleurs, le syndicat espère une mobilisation massive le 3 février, affirmant que « les Outre-mer ne sont pas des territoires de seconde zone » et que les personnels « ne se tairont plus ».


