Gérard Jodar vous trompe !
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J’ai connu Gérard Jodar quand je suis entré dans la compagnie UTA à la fin des années 70. Il était déjà dans la société, embauché comme télétypiste à l’aéroport, et c’était un excellent et sympathique camarade apprécié par tous et connu pour ses coups de fête entre amis et collègues.
À l'époque il n'y avait pas de syndicat sur la plate-forme de l'Aéroport International La Tontouta, donc ensemble, et avec d'autres employés, nous avons créé un syndicat rattaché au syndicat FO et l'avons nommé STAR FO (Syndicat des Transporteurs Aérien Réunis).
Aucun de nous n'avions fait de syndicalisme auparavant, y compris Gérard Jodar, mais il apprit vite comment tirer les ficelles et s’imposa assez rapidement comme le chef.
C’est au moment des problèmes d'UTA, au début des année 80, qu’il a commencé a fréquenter Louis Kotra Uregeï, (LKU), Secrétaire Général de l’USTKE, et qu’il m’avait confié son envie d'être comme LKU, être un délégué permanent, c’est à dire être payé par sa boite à ne faire que du syndicalisme.
Notre nouveau syndicat n'étant pas assez fort pour défendre ses ambitions personnelles, il décida d'adhérer à l'USTKE en entraînant un maximum de nos camarades avec lui. Pour ma part, voyant la dérive que prenait son comportement, j’ai décidé de ne pas le suivre et plus tard de rejoindre le syndicat concurrent USOENC.
A la mort d’UTA les employés ont été transférés chez Air France, puis quelques années plus tard devant le désir d’Air France de se désengager de la Nouvelle-Calédonie, la société TAS (Tontouta Air Service) fut créée et la majorité du personnel y fut transférée.
Entre temps, Gérard Jodar, obtint de la direction d’Air France la possibilité de cumuler et de bénéficier personnellement des heures de délégations des élus et représentants de l’USTKE Air France pour son seul bénéfice, ce qui fait qu’il n’était pas présent à son poste très souvent.
Par la suite, lors des négociations entre Air France et la Calédonienne des Eaux, société intéressée par la reprise des activités aéroportuaires, il reçu la promesse par cette dernière d’avoir un poste de délégué permanent dans la nouvelle société qu’elle allait créer (la TAS) en contrepartie du soutient de l’USTKE et de ses adhérents pour l’obtention du marché.
De plus, la Lyonnaise des Eaux offrit aux employés transférés la possibilité d’acquérir des actions dans cette nouvelle société, s’ils le désiraient, avec la compensation de départ présentée par Air France à chacun d'entre eux.
Cette possibilité devient une obligation pour les adhérents de l’USTKE qui devaient s’y plier sous peine d’être exclus de leur syndicat. A peine avaient-ils franchi la porte du bureau d’Air France avec leur chèque de départ en main qu’un représentant de l’USTKE leur demandait de verser une somme équivalente dans le compte du syndicat au bénéfice d’une SCP (Société civile de participation) qui représenterait les salariés-actionnaires de la TAS. Gare à celui qui n'obéissait pas !
Le résultat : l’USTKE obtint près de 30% des parts de la TAS.
A ce jour, aucun salariés-actionnaires de la TAS n’ont touché de dividendes, mais ceci n’était pas le but. Le but de la manœuvre était pour l’USTKE d’avoir une voix imposante dans la marche de la TAS et une main mise sur l’aéroport.
Ce qui fait qu’il a pu imposer, par exemple, la Société de transport particulier (STP) pour la prise en charge des salariés TAS entre leur domicile et Tontouta, société dont il occupe le poste de gérant.
Avec LKU sur le port et Gérard Jodar sur l’aéroport, vous pouvez imaginer la pression que leur syndicat peut mettre sur l’économie du Territoire et donc sur d’éventuelles négociations en cas de conflit.
La section SOENC de la TAS a toujours protesté et dénoncé le fait que Gérard Jodar soit payé, depuis maintenant 14 ans, sans avoir jamais fait un jour de travail, surtout face aux difficultés financières des premières années, quand un plan social a été mis en place, avec la bénédiction de l’USTKE, dans lequel tous les employés ont dû baisser leur salaire de 5%.
Dur pour les petits salaires de l’époque, (100 000 à 115 000frs) (ndlr 838 à 963 €) mais pas trop dur pour les gros salaires comme celui de Gérard Jodar (400 000 à 500 000frs) (ndlr:3352 à 4190 €)
De plus, le manque à gagner pour la société, en acceptant de placer Gérard Jodar dans un poste fictif, est considérable.
Le calcul est vite fait…14 ans à 450 000 XPF de moyenne = 75 600 000 XPF… (ndlr: 633 528 €) en comptant les charges sociales : on dépasse les 100 000 000 XPF!!!! (ndlr: 838 000 €)
A ce jour les protestations de l’USOENC, l’autre syndicat représentatif de la société, qui réclame la remise au travail de Gérard Jodar n’ont jamais provoqué de réaction de la part des différentes directions de la TAS.
On comprend bien pourquoi… la paix sociale n’a pas de prix.
Bizarrement, le privilège d’avoir un délégué permanent n’est pas accordé à l’USOENC, ce qui fait que les directions successives de la TAS sont coupables de discrimination syndicale et/ou de détournement de biens sociaux au profit de Gérard Jodar.
Pour ma part, et celui de ses anciens collègues et amis, le plus désolant dans cette histoire c’est de voir le changement d’une personne, qui était un joyeux luron sympathique, se transformer petit à petit en un triste sire mal aimé par la majorité de la population à cause des ses ambitions personnelles et de ses positions qui n’ont plus rien de syndicales... dommage.


